Nord-Kivu : deux agriculteurs blessés lors d’une altercation avec des éco-gardes à Mayangose

Deux agriculteurs ont été blessés par balles, lundi 2 février dans la matinée, à Mayangose Kididiwe, à l’est de la ville de Beni, en territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. L’incident fait suite à une altercation entre des éco-gardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et des agriculteurs, autour de la limite du parc national des Virunga.

Selon des sources locales, la tension est née lors d’une patrouille des éco-gardes dans cette zone frontalière du parc. L’ICCN accuse les agriculteurs d’exploiter illégalement le bois à l’intérieur du parc national des Virunga, en violation de la loi portant conservation de la nature.

De leur côté, les agriculteurs impliqués rejettent ces accusations. Ils affirment ne pas se trouver à l’intérieur du parc et évoquent la complexité du tracé des limites du parc national des Virunga dans cette partie du territoire. Ils rappellent également qu’un compromis avait récemment été trouvé entre les parties, prévoyant la suspension des patrouilles de l’ICCN en attendant l’arrivée d’une commission chargée de procéder à la délimitation officielle du parc.

La Convention pour le respect des droits humains (CRDH), antenne de Rwenzori, a réagi à cet incident. Son coordonnateur, Maître Merveille Sikwaya, indique que son organisation est déjà déployée sur le terrain pour documenter les faits.

« La CRDH est sur le terrain. Nous avons compris que ce sont les éco-gardes qui commettent des exactions. Les porte-parole ne peuvent pas nous faire croire qu’ils protègent la biodiversité et les limites du parc en usant de telles méthodes », a-t-il déclaré.

Dans une seconde déclaration, le défenseur des droits humains a dénoncé l’usage des armes contre les civils et annoncé des démarches judiciaires.

« On ne peut pas accepter aujourd’hui des blessures graves causées par la répression des éco-gardes. Il n’est pas approprié de résoudre les différends par les armes. Nous allons engager des poursuites judiciaires contre les éco-gardes impliqués dans ces exactions, car ils sont des civils et non des militaires », a ajouté Maître Merveille Sikwaya.

L’incident de Mayangose ravive ainsi les inquiétudes des organisations de défense des droits humains sur les méthodes employées dans la gestion des conflits liés aux limites du parc national des Virunga, dans un contexte où les communautés riveraines réclament une clarification urgente du tracé du parc afin d’éviter de nouveaux affrontements.

Gloire TSONGO/Beni

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