Au Nord-Kivu, deux patients déclarés guéris de la maladie à virus Ebola ont quitté, ce mercredi 12 août 2026, le Centre de traitement Ebola (CTE) de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Il s’agit de Joël Katsuva et de Samson Katembo, pris en charge après leur admission dans cette structure sanitaire.
La cérémonie de leur sortie s’est déroulée en présence du personnel soignant, des membres de leurs familles et des acteurs impliqués dans la riposte contre Ebola. Ces deux guérisons constituent un nouveau message d’espoir pour les patients encore pris en charge au sein du centre.
Le docteur Jérémie Muhindo Katsavara, chargé de la prise en charge au CTE de Beni, a salué les efforts du personnel médical ainsi que la collaboration des patients tout au long de leur traitement.
« Nous remercions Dieu de nous remettre ces gens. Nous remercions les personnels soignants qui se donnent jour et nuit pour la prise en charge des malades et nous remercions particulièrement les guéris, car ils ont coopéré. Ils ont compris que, lorsqu’on part à l’hôpital, c’est celui qui a la chance d’être guéri », a-t-il déclaré.
Le médecin a également appelé la population à ne pas minimiser l’existence de la maladie à virus Ebola. Selon lui, la guérison de ces deux patients démontre que la prise en charge permet de sauver des vies.
« La maladie d’Ebola est une réalité. Si quelqu’un continue à se cacher ou à résister en disant que la maladie n’existe pas ou qu’elle est imaginaire, allez lui dire qu’à partir d’aujourd’hui, nous sommes témoins de ceux qui ont souffert pendant 14 jours et qui sont aujourd’hui déclarés guéris. La maladie existe », a-t-il insisté.
Un témoignage de guérison
L’un des patients guéris, Samson Katembo, a exprimé sa reconnaissance envers Dieu et le personnel soignant. Avant son admission au CTE, il affirme avoir consulté plusieurs structures de santé sans retrouver la guérison.
« Avant tout, je remercie Dieu. Dans l’état dans lequel j’étais, je ne savais pas que je verrais ce jour d’aujourd’hui. Je me sens très heureux. J’avais déjà circulé dans plusieurs hôpitaux : les uns disaient que c’était la malaria, les autres parlaient d’une intoxication alimentaire, de diarrhée ou d’autres maladies. Pourtant, ce n’était pas cela. Je payais des factures sans guérir. Par la grâce de Dieu, de bons Samaritains m’ont amené jusqu’ici, au CTE », a-t-il témoigné.
De son côté, un membre de sa famille a expliqué que son état de santé s’était progressivement dégradé avant son transfert au CTE. Il a indiqué que les proches ont pu suivre son évolution durant les 14 jours de prise en charge.
Selon lui, les visites des membres de la famille étaient autorisées, dans le respect des mesures et des orientations données par le personnel du centre.
L’appui des partenaires
Le docteur Ruffin, médecin superviseur du CTE de Beni pour International Medical Corps (IMC), a lui aussi salué le travail des équipes engagées dans la prise en charge des patients.
Il a rappelé que la riposte ne se limite pas au centre de traitement, mais comprend également les équipes de sensibilisation, de suivi des contacts et de recherche active déployées dans la communauté.
« Nous remercions également le gouvernement qui nous a demandé d’apporter cet appui. Nous remercions aussi le bailleur de fonds, le gouvernement américain, à travers le département d’État, qui nous a accordé les financements nécessaires pour assurer cette assistance au sein de nos communautés », a-t-il expliqué.
Il a appelé la population à soutenir les équipes de la riposte présentes sur le terrain afin de faciliter la détection précoce et la prise en charge rapide des personnes suspectées d’être atteintes de la maladie.
Les deux patients ont finalement reçu leurs certificats de décharge, attestant de leur guérison clinique et biologique et les autorisant à regagner leurs communautés ce 12 août 2026.
Gloire Tsongo/Beni