Plus de 231 570 enfants sont privés d’actes de naissance dans plusieurs entités du Grand Nord-Kivu. C’est ce que révèle un rapport de monitoring de la Coordination Grand Nord-Kivu du Parlement et Comité d’enfants, consulté ce mardi 11 août 2026 par Journal des Nations.
Réalisée entre mars et avril 2026, l’enquête couvre les villes de Beni et Butembo ainsi que les territoires de Beni et Lubero. Elle met en évidence une rupture prolongée des registres d’actes de naissance dans plusieurs bureaux de l’état civil, compromettant l’enregistrement des nouveau-nés.
Le territoire de Beni est le plus touché. Selon le rapport, 189 345 enfants sur 195 202 naissances enregistrées entre 2023 et le premier trimestre 2026 n’ont pas pu être déclarés à l’état civil. En ville de Beni, plus de 42 000 enfants seraient également concernés.
À Butembo, près de 13 000 enfants n’ont pas été enregistrés entre octobre 2025 et mars 2026. Le Parlement et Comité d’enfants souligne que cette situation prive les enfants de leur identité juridique et les expose à de nombreux risques, notamment les difficultés d’accès aux services sociaux, les mariages précoces, le recrutement par des groupes armés et, à long terme, le risque d’apatridie.
Face à cette situation, le Parlement et Comité d’enfants appelle les autorités compétentes à approvisionner rapidement les bureaux de l’état civil en registres d’actes de naissance et à mettre en place un mécanisme de régularisation pour les enfants ayant dépassé le délai légal de déclaration.
Le rapport recommande également un appui accru des partenaires de l’État afin de faciliter le déploiement des registres et de renforcer les campagnes de sensibilisation destinées aux parents sur l’importance de l’enregistrement des naissances.
Gloire Tsongo/Beni