Nord-Kivu : plus de 350 malades testés positifs au paludisme en une semaine dans la zone de santé de Butembo


Des autorités sanitaires affirment avoir enregistré 359 malades positifs du paludisme sur un total de 768 suspects testés au laboratoire dans la zone de santé de Butembo, au Nord-Kivu, en l’Est de la République Démocratique du Congo. Ces chiffres qui couvrent la 28ième semaine de l’année soit du 15 au 21 juillet ont été relevés lundi 22 juillet 2024 à la presse par Adelard Kambere, point focal du programme National de lutte contre le paludisme au sein de ladite entité sanitaire élargie sur une grande partie de la ville.

La zone de santé de Butembo couvre deux municipalités, à savoir: Kimemi et Vulamba peuplées des milliers d’habitants. Par contre, les autres municipalités dont Mususa et Bulengera sont gérées par la zone de santé de Katwa ayant connu par le passé un nombre croissant des malades lors de la dixième épidémie d’Ebola entre 2018 et 2022.

Selon les chiffres officiels, la zone de Butembo compte actuellement 16 aires de santé. Au cours du point de presse, Adelard Kambere a alors cité Malende, Vulamba, Vuvatsi et Vulindi parmi les aires de santé les plus vulnérables au paludisme où la moustiquaire est détournée de son usage primordial. Ce qui hisse à plus de 50% le taux d’hospitalisation en rapport avec la malaria dans la zone.

« Les hospitalisations que vous voyez dans zone de santé de Butembo, à plus de 50%, ça constitue des cas de malaria. Nous avons eu à identifier aussi par rapport à la mortalité. C’est encore le paludisme qui est venue en première ligne. Pour dire que c’est un problème de santé publique », a alerté le professionnel de santé à journaldesnations.net.

Dans cette partie de la ville, de nombreuses causes sont citées derrières la flambée liée à la malaria après l’identification de plus de 500 étangs piscicoles.

« Ces aires de santé sont submergées par les étangs piscicoles. Nous avons eu à identifier plus de 500 étangs piscicoles qui ne sont pas bien entretenus et cela consiste des gîtes larvaires pour les moustiques. Statistiquement vous allez voir que ce sont ces aires de santé qui sont pourvoyeuses des cas de paludisme », a décrit sous une voix cassée Adelar Kambere.

A cela s’ajoutent d’autres défis majeurs et non négligeables, a-t-il dit. « Notre ville est presque marécageuse, vous allez trouver par-ci par-là les rigoles malentendus et parfois vous allez trouver même en ville des tas d’immondices qui sont aussi pourvoyeuses des moustiques », a expliqué davantage l’infirmier Kambere face aux journalistes.

Dans son message d’alerte, le prestataire de santé prêche l’assainissement comme l’une des premières précautions pour faire face à la malaria qui se manifeste par des symptômes bénins tels que la fièvre, les frissons et les maux de tête, alors que sa forme grave s’illustre par la fatigue, la confusion, les convulsions et des difficultés à respirer.

« Nous devons faire l’assainissement du milieu. Précisément, de l’assainissement intra et extra. La propreté dans nos parcelles et dans nos maisons. La deuxième précaution, c’est d’utiliser correctement la moustiquaire imprégnée d’insecticide », a ainsi sensibilisé Monsieur Kambere, qui a toutefois déploré « l’usage de la moustiquaire dans des lieux non indiqués entre autres des jardins, alors que le soir ils sont exposés à des piqûres de moustiques.

D’après les données de l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, les nourrissons, les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les voyageurs et les personnes vivant avec le VIH ou atteintes de sida courent un risque plus élevé d’infection grave. Ce qui a motivé l’infirmier Kambere à faire ce rappel à tout le monde.

« Il faut emmener les mamans à la CPN. Une CPN bien organisée doit commencer à la 16ième semaine. Pendant cette consultation prénatale, le prestataire va donner à cette maman des médicaments de prévention de la malaria. A cela, il faut ajouter la prise en charge correcte de malades », a martelé Kambere.

En 2022, on estime à 249 millions le nombre de cas de paludisme et à 608 000 le nombre de décès dus au paludisme dans 85 pays.

Djiress BALOKI/ Nord-Kivu / journaldesnations.net