« Or Vert du Congo » : Mgr José Moko salue l’initiative de Fanny Tshisekedi et plaide pour les héros de l’agriculture

Mgr José Moko

Présent à la foire agro-pastorale « Or Vert du Congo », initiative portée par Fanny Tshisekedi Kasalu, aux côtés du couple présidentiel et de plusieurs membres du gouvernement, Mgr José Moko, évêque d’Idiofa, a salué une démarche qui, selon lui, remet au centre du débat national les femmes et les hommes qui nourrissent la République démocratique du Congo. Dans une interview accordée à Journal des Nations, il plaide pour leur accès au financement, aux marchés et aux circuits de distribution.

Pour Mgr José Moko, l’initiative « Or Vert du Congo » intervient à un moment où la RDC doit davantage miser sur son immense potentiel agricole pour lutter contre la faim, créer des revenus et réduire sa dépendance aux importations alimentaires.

Mais au-delà des enjeux économiques, l’évêque d’Idiofa y voit également une dimension profondément humaine et spirituelle.

« Ma foi en Dieu va de pair avec le bien-être de l’homme : “Donnez-leur à manger vous-mêmes” (Luc 9, 13). »

Une conviction qui explique, selon lui, son engagement aux côtés des populations rurales et son intérêt pour cette foire agro-pastorale initiée par Fanny Tshisekedi Kasalu.

Un plaidoyer pour les mamans maraîchères

Mgr José Moko considère que les bénéfices d’une telle initiative sont multiples. La foire permet notamment de mettre en lumière des producteurs souvent éloignés des circuits de financement et de commercialisation.

« Les avantages de cette initiative sont nombreux. Il s’agit d’un plaidoyer en faveur des mamans maraîchères et du rural agro-pastoral pour ouvrir les horizons et permettre aux producteurs d’accéder au financement », explique-t-il à Journal des Nations.

Pour l’évêque d’Idiofa, la création de la plateforme « Yokani » constitue également une avancée importante. Elle devrait offrir aux producteurs un espace d’écoute, d’accompagnement et d’organisation, avec l’ambition de faciliter leur accès aux ressources nécessaires à leur développement.

« Elle ambitionne de disponibiliser des fonds, de rendre compétitifs par le volume et la qualité les produits agricoles congolais, de leur donner de la valeur ajoutée, de créer des couloirs de distribution et d’accroître les revenus des paysans », souligne-t-il.

Cette démarche répond à une réalité qu’il connaît de près

« Les maraîchers et les ruraux sont quelque peu abandonnés à leur triste sort, sans appuis, sans carnets d’adresses », constate Mgr José Moko.

Mettre en lumière les « héros dans l’ombre

Pour l’évêque, la force de la foire « Or Vert du Congo » est aussi d’avoir donné une visibilité à ces producteurs qui, malgré des moyens limités, continuent à faire vivre leurs communautés et à nourrir la population.

« La foire agricole a permis aux organisateurs de faire connaître ces hommes et ces femmes qui inventent, innovent, nourrissent la population congolaise, avec peu de moyens », relève-t-il.

Il salue particulièrement l’implication de Fanny Tshisekedi Kasalu, porteuse de cette initiative, qu’il considère comme un véritable levier de visibilité pour le monde rural.

« En des termes simples mais forts, elle a réussi à mettre les projecteurs sur ces héros dans l’ombre », affirme-t-il.

La présence du couple présidentiel a, à ses yeux, donné une dimension supplémentaire à l’événement.

«« En répondant à cette invitation, le couple présidentiel a rehaussé la rencontre et a créé l’événement », estime Mgr José Moko.

La visite des stands par la Première Dame et les membres du gouvernement leur a notamment permis, poursuit-il, de découvrir la diversité et la qualité des productions locales.

« En visitant les stands, la Première Dame et les membres du gouvernement ont été émerveillés par la production “made in Congo RD” », rapporte-t-il.

Cette dynamique rejoint, selon Mgr José Moko, la vision maintes fois évoquée par le Président de la République autour de la « revanche du sol sur le sous-sol ».

Pour lui, « Or Vert du Congo » a eu le mérite de remettre cette ambition sur la table et de montrer qu’elle peut s’appuyer sur des initiatives concrètes portées par les Congolais eux-mêmes.

L’enjeu est considérable : nourrir une population estimée à environ 150 millions d’habitants, améliorer les revenus des producteurs et réduire les sorties de devises liées aux importations alimentaires.

« Il s’agit de combattre la faim, de satisfaire un marché de 150 millions d’habitants et d’économiser 2 milliards de dollars dépensés annuellement à l’importation pour des besoins alimentaires », insiste l’évêque.

Si Mgr José Moko a répondu à l’invitation de Fanny Tshisekedi Kasalu, c’est aussi parce que les questions liées au développement rural font partie de ses préoccupations sur le terrain.

« J’ai répondu à l’invitation des organisateurs parce que je suis derrière plusieurs projets de développement. J’aide la population rurale de mon diocèse d’Idiofa à entreprendre », explique-t-il.

Dans le diocèse d’Idiofa, plusieurs initiatives agricoles sont ainsi accompagnées. Environ 1 000 mamans maraîchères sont engagées autour de différentes productions, notamment le soja, le piment, le manioc et le maïs.

Le diocèse dispose également d’un potentiel agricole important avec la production du riz, du millet, de la courge et du café, entre autres.

À ces activités s’ajoutent des initiatives de transformation et de valorisation des produits locaux. Le diocèse met notamment en bouteille une eau de qualité, tandis qu’une productrice d’Idiofa développe une activité autour du bissap, avec des résultats encourageants.

Pour Mgr José Moko, toutes ces initiatives constituent la preuve que les populations rurales disposent de capacités considérables d’innovation et d’entrepreneuriat.

De la foi à l’action

À travers son engagement dans le monde rural, Mgr José Moko entend ainsi donner une dimension concrète à sa conception de la foi.

Sa référence à l’Évangile selon Luc « Donnez-leur à manger vous-mêmes » résume cette vision : la foi ne peut être dissociée de la dignité humaine, de la lutte contre la faim et de l’amélioration des conditions de vie.

Dans cette perspective, il appelle les pouvoirs publics et les différents acteurs du développement à accorder davantage d’attention aux initiatives qui émergent des communautés rurales.

Pour lui, les producteurs congolais ne demandent pas seulement de la reconnaissance. Ils ont surtout besoin d’accès au financement, de débouchés, d’accompagnement, de transformation et de réseaux de distribution.

L’initiative « Or Vert du Congo », portée par Fanny Tshisekedi Kasalu, pourrait ainsi contribuer à faire émerger une nouvelle dynamique autour de ces producteurs longtemps restés dans l’ombre.

Car derrière chaque produit exposé se trouve une femme ou un homme, une famille, une communauté et surtout un potentiel économique que la RDC ne peut plus se permettre de négliger.

Propos recueillis par Journal des Nations.

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