Au total, 114 détenus ont été libérés ce lundi 1er décembre 2025, dont 61 à Kinshasa, conformément à l’arrêté n°03/CAB/ME/MIN/J&GS/2025 signé le 13 novembre dernier par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa.
Selon le communiqué officiel, seules les personnes ayant rempli l’ensemble des critères légaux requis ont pu bénéficier de cette mesure. Les décisions ont été adoptées sur base des avis favorables émis par les commissions compétentes et le ministère public, qui ont siégé dans 14 établissements pénitentiaires à travers le pays, indique le document signé par le ministre de la Justice.
« Le travail se poursuivra dans les autres établissements opérationnels de la RDC », assure Guillaume Ngefa.
Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, souligne également « la rigueur avec laquelle les dossiers ont été examinés », insistant sur « le caractère strictement légal du processus ».
« Les personnes libérées ont été invitées à observer strictement toutes les conditions légales attachées à leur libération conditionnelle, à faire preuve d’amendement et à adopter une conduite responsable, conforme à l’esprit de leur réinsertion sociale », conclut le communiqué.
À travers tout le pays, les établissements pénitentiaires sont confrontés à « la surpopulation et la promiscuité, entraînant des cas de maladies et des décès ».
La prison centrale de Makala, par exemple, construite en 1957 pour une capacité de 1 500 détenus et destinée à servir une ville alors peuplée d’environ 250 000 habitants (contre près de 17 millions aujourd’hui), comptait encore récemment près de 15 000 détenus, avant les libérations intervenues sous l’égide du ministre Constant Mutamba.
« Ce chiffre illustre l’inaction prolongée face à l’augmentation démographique : pendant longtemps, le gouvernement ne s’est pas préoccupé d’améliorer les conditions carcérales ni de construire des infrastructures pénitentiaires adaptées à l’évolution de la population », déplore Ebuteli, l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.
Djiress BALOKI