Une mission conjointe des ministères de l’Enseignement supérieur et universitaire, Recherche scientifique et Innovation (ESURSI) et de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (MINEDU-NC) séjourne actuellement à Kikwit, dans la province du Kwilu, dans le cadre d’une évaluation approfondie de la formation initiale des enseignants du secondaire en République démocratique du Congo.

Placée sous la coordination du professeur émérite Kabule Weva, consultant international, cette mission regroupe plusieurs experts du secteur éducatif. Elle bénéficie également de l’appui du Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF), soutenu par la Banque mondiale.

Le consultant international est appuyé dans cette mission par Muipate Yatshenda Fils, expert et spécialiste du secteur universitaire dans le cadre du PAAF, sous la supervision de Mme Mokampo Omozekaze, représentante du ministre de l’ESURSI.
Cette évaluation nationale se déroule à travers l’organisation de travaux de focus groups dans onze provinces ciblées du pays. L’objectif est de recueillir les avis et les expériences des différents acteurs impliqués dans la formation des enseignants.
À Kikwit, ville économico-politique du Kwilu située au sud-ouest du pays, les travaux se sont déroulés durant trois jours à l’Institut Supérieur Pédagogique de Kikwit. L’établissement, dirigé par le professeur ordinaire Jacques Nkiene, fait partie des onze instituts supérieurs pédagogiques retenus dans l’échantillon du projet.
À cette occasion, deux groupes de travail ont été constitués, chacun composé d’environ sept participants. Ces groupes réunissaient notamment des professeurs, des étudiants, le PROVED de l’EDU-NC Kwilu 2, des inspecteurs chefs des pools du secondaire, des gestionnaires, des chefs d’établissements scolaires ainsi que des enseignants. Les échanges se sont déroulés de manière structurée et séparée afin de favoriser la liberté d’expression des participants.
Grâce à la participation active des différents acteurs du secteur éducatif, ces travaux ont permis de recueillir des données qualitatives et institutionnelles importantes destinées à alimenter l’évaluation approfondie de la formation initiale des enseignants du secondaire dans cette région.
Au terme des trois jours d’échanges, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants. Les travaux seront complétés par deux jours d’entretiens et d’enquêtes individuelles menés auprès d’acteurs clés du système éducatif.
S’exprimant devant la presse, le professeur Kabule Weva a souligné l’importance de cette démarche :
« Cette évaluation approfondie est une initiative du gouvernement congolais, financée par ses partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale à travers le PAAF. Nous sommes ici pour recueillir les opinions et les expériences des différentes parties prenantes concernant la formation initiale des enseignants du secondaire. L’objectif est d’identifier les aspects à améliorer, ceux à renforcer, mais aussi de mettre en lumière les points positifs afin d’élaborer une stratégie nationale d’amélioration de la formation des enseignants ».
Pour sa part, le directeur général de l’ISP Kikwit, le professeur Jacques Nkiene, a salué le choix porté sur son institution pour accueillir ces assises.
« Nous avions déjà perçu l’importance de cette initiative à travers les documents relatifs au Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles. Nous sommes très heureux que l’ISP Kikwit fasse partie des institutions ciblées pour cette évaluation. C’est pour nous un honneur, une fierté et une reconnaissance des efforts que nous déployons dans le domaine de l’éducation », a-t-il déclaré.
Selon les termes de référence de cette activité, les travaux portent sur cinq thématiques principales :
- la cartographie, la couverture territoriale et l’équité géographique des Instituts supérieurs pédagogiques ;
- la gouvernance institutionnelle, l’organisation académique et l’efficacité interne ;
- le financement, les coûts de formation et la viabilité économique des ISP ;
- la qualité, la performance et l’efficacité externe des ISP ;
- la pertinence des programmes LMD et les perspectives de réforme.
L’initiative vise également à atteindre plusieurs objectifs spécifiques, notamment recueillir les perceptions des acteurs du secteur éducatif, analyser les pratiques pédagogiques et organisationnelles au sein des instituts supérieurs pédagogiques, évaluer l’adéquation entre les dispositifs de formation et les besoins du système éducatif national, et renforcer l’appropriation du processus de réforme par les acteurs locaux et provinciaux.
Après l’étape de Kikwit, l’équipe poursuivra sa mission d’évaluation dans d’autres provinces du pays afin de collecter des informations susceptibles de renforcer la qualité de la formation initiale des enseignants en RDC.
Badylon KAWANDA BAKIMAN