Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a prononcé un embargo médiatique de 60 jours contre la journaliste et actrice sociale Paulette Kimuntu Ndombe. Dans un acte conservatoire signé le 12 octobre 2026, l’organe de régulation lui reproche des commentaires jugés partisans sur l’adresse à la nation de l’ancien président Joseph Kabila, notamment concernant la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) durcit le ton à l’égard de Paulette Kimuntu Ndombe. Réuni en sa 26ᵉ réunion extraordinaire, le 12 octobre 2026 à Kinshasa, le Bureau de cette institution a décidé de frapper la journaliste et actrice sociale d’un embargo médiatique de 60 jours sur toute l’étendue du territoire national.
Intitulé « Acte conservatoire du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication portant embargo médiatique d’une journaliste et actrice sociale sur toute l’étendue du territoire national pour une durée de 60 jours », le document s’appuie notamment sur la Constitution, la loi organique portant organisation et fonctionnement du CSAC ainsi que l’ordonnance-loi relative à l’exercice de la liberté de la presse en RDC.
Pour justifier cette mesure, le CSAC se réfère à un rapport circonstanciel de son Centre de monitoring des médias congolais, daté du 12 octobre 2026. Selon l’autorité de régulation, les interventions de Paulette Kimuntu auraient été marquées par des « commentaires acerbes, dénigrement et parti pris systématique » dans le traitement des informations relatives à la dernière sortie médiatique de l’ancien chef de l’État.
Le document reproche particulièrement à la journaliste d’avoir commenté, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le discours de Joseph Kabila en tenant des propos que le Conseil considère comme une apologie de la guerre dans l’est du pays.
Le CSAC rapporte notamment cette déclaration attribuée à Paulette Kimuntu : « Monsieur Kabila n’est pas un rebelle, il a plutôt le souci de la RDC car cette dernière est en danger ».
Dans sa motivation, l’institution estime que, dans le contexte des violences dans l’est de la RDC, les médias doivent privilégier des informations favorisant la paix et la cohabitation entre les communautés. Le texte évoque à cet égard l’agression dont le pays serait victime, attribuée au Rwanda et à ses supplétifs du M23/AFC.
Le CSAC évoque de précédentes interpellations
La décision indique également que Paulette Kimuntu n’en serait pas à sa première interpellation devant l’organe de régulation. Selon le document, elle aurait déjà fait l’objet de plusieurs interpellations, dont la dernière remonterait au 22 septembre 2026, pour des faits qualifiés par le CSAC de propagande en faveur de l’agression rwandaise et de diffusion d’images non autorisées.
C’est au regard de ces éléments que le Bureau du Conseil a décidé de prononcer l’embargo pour une durée de 60 jours.
L’article 1ᵉʳ de l’acte conservatoire décrète un embargo de 60 jours contre Paulette Kimuntu Ndombe, à compter de la publication de la décision.
La mesure ne concerne pas uniquement les médias audiovisuels traditionnels. À son article 2, le document exige des directeurs des programmes et de l’information, des médias en ligne ainsi que des exploitants d’autres moyens de communication de masse, notamment les réseaux sociaux, qu’ils observent strictement cette décision, sous peine des sanctions prévues par la loi.
Plus explicite encore, l’article 3 stipule : « Il est donc interdit à la Journaliste Paulette KIMUNTU NDOMBE de communiquer à travers les médias en ligne, les réseaux sociaux et tout autre moyen de communication des masses pendant toute la durée de l’embargo. »
L’article 4 charge le procureur général près la Cour de cassation, le procureur général près le Conseil d’État ainsi que les services compétents de concourir à la bonne exécution de l’acte.
Le document porte les signatures du président du CSAC, Christian Bosembe Lokando, et du rapporteur adjoint, Serge Ndjibu Ngoy.
Journal Des Nations