Déterminée à voir le genre véritablement inscrit au cœur de l’administration publique, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a procédé, mercredi 25 février 2026, au lancement officiel d’une enquête nationale destinée à évaluer concrètement l’intégration de la dimension genre dans les institutions publiques. Cette initiative est portée par le ministère du Genre, Famille et Enfant en partenariat avec ONU Femmes.

La cérémonie s’est déroulée au Centre de Judo du Commissariat général de la Police nationale congolaise, en présence de plusieurs autorités politico-administratives, des membres des Cellules sectorielles genre de l’administration publique et des différentes institutions, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants de la société civile.

Cette enquête vise à mesurer le niveau de connaissance, de compréhension et d’intégration de l’approche genre au sein des ministères et institutions publiques de la République démocratique du Congo.

Dans son intervention, la ministre a lancé un appel fort à la mobilisation.
« J’en appelle à une participation massive, sincère et responsable de toutes les cibles concernées. Que chaque ministère, chaque institution, chaque cadre comprenne que cette enquête est un acte de maturité institutionnelle. En intégrant véritablement la dimension genre, nous ne servons pas uniquement les femmes, nous servons la Nation. Nous renforçons la paix. Nous consolidons la démocratie », a déclaré Micheline Ombae Kalama.

Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de dépasser le cadre purement normatif. Si la RDC dispose d’instruments juridiques solides — notamment l’article 14 de la Constitution, la loi sur la parité de 2015 ainsi que des engagements internationaux comme la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies leur mise en œuvre effective demeure un défi majeur.
« Ces textes sont des fondations, mais une fondation qui, si elle n’est pas habitée, reste silencieuse », a-t-elle ajouté, appelant à transformer l’égalité proclamée en réalité administrative tangible.
Selon elle, la faible représentation des femmes dans certains espaces décisionnels et les obstacles persistants à leur pleine participation à la gouvernance imposent une évaluation rigoureuse, objective et sans complaisance.
« Que cette démarche soit une lumière, que cette lumière éclaire nos politiques et que nos politiques transforment durablement la vie de nos populations », a-t-elle conclu.
De son côté, le représentant d’ONU Femmes, s’exprimant au nom des partenaires techniques et financiers, a souligné l’importance stratégique de cette initiative :
« Cette enquête est cruciale. Elle permettra d’obtenir un profil de chaque ministère, d’identifier les forces, les lacunes et les besoins réels, ainsi que de disposer de données sexo-spécifiques fiables. Elle constituera également la base d’une feuille de route pour un renforcement ciblé des capacités, ainsi que pour la planification des appuis techniques futurs », a-t-il expliqué.
L’originalité de l’initiative réside également dans sa méthodologie. Lors de la présentation technique, l’expert d’ONU Femmes a précisé que la fiche d’enquête comporte six modules. Le premier module, à caractère institutionnel, permettra notamment une analyse comparative intersectorielle.
Les participants ont ensuite été soumis à un exercice pratique en temps réel. Munis de leurs téléphones portables, ils ont appris à accéder au questionnaire via une procédure simplifiée de capture de QR code. En quelques étapes, ouverture de l’appareil photo, scan du code affiché et validation du lien sécurisé, ils ont pu remplir le formulaire en ligne. Cette démonstration visait à garantir l’appropriation de l’outil numérique et à encourager une participation massive des agents et cadres de l’État à travers le pays.
L’enquête ambitionne d’établir un profil genre spécifique pour chaque ministère et institution afin d’identifier les blocages, les écarts et les bonnes pratiques. Les données collectées permettront d’orienter les décisions publiques de manière plus ciblée et stratégique.
Après les ministères sectoriels et les institutions publiques, l’initiative sera progressivement élargie à d’autres composantes, notamment les organisations de la société civile et certaines structures privées.
Prévue pour une durée de quatre semaines, l’enquête s’adresse aux cadres et agents techniques, aux responsables de programmes ainsi qu’aux points focaux des cellules sectorielles de l’ensemble des ministères et institutions publiques. Elle marque une étape importante vers l’institutionnalisation effective de l’approche genre dans l’administration congolaise.
Christiane EKAMBO