Après son élimination en huitièmes de finale de la 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations (CAN) disputée au Maroc, la République démocratique du Congo se projette déjà vers les barrages intercontinentaux de la Coupe du monde 2026, prévus en mars prochain au Mexique. Dans cette perspective, le milieu de terrain belgo-congolais Roméo Lavia apparaît comme l’un des renforts stratégiques majeurs envisagés pour les Léopards.
Né en 2004 à Bruxelles d’une mère congolaise, Roméo Lavia demeure éligible pour la RDC malgré une apparition avec l’équipe nationale de Belgique lors d’un match amical disputé en 2023 face au pays de Galles. Grâce à la « loi Munir », qui assouplit les règles de changement de nationalité sportive, le joueur conserve la possibilité d’opter pour la sélection congolaise. Son profil représente un atout aussi bien tactique que mental pour le sélectionneur Sébastien Desabre, en offrant au milieu de terrain congolais un joueur capable d’allier récupération, créativité et maîtrise du tempo, des qualités déterminantes dans des rencontres à fort enjeu mondial.
Formé au RSC Anderlecht, Roméo Lavia est ensuite passé par Manchester City et Southampton avant de rejoindre Chelsea FC en 2023. Son palmarès, enrichi notamment d’une Ligue Europa Conférence et d’une Coupe du monde des clubs, atteste de son expérience du haut niveau et de sa capacité à évoluer sur la scène européenne et internationale. Une éventuelle convocation constituerait un signal fort, traduisant la volonté du football congolais de s’appuyer à la fois sur le talent local et sur sa diaspora pour renforcer sa compétitivité.
Roméo Lavia pourrait ainsi rejoindre plusieurs joueurs binationaux déjà intégrés au groupe congolais, parmi lesquels Matthieu Epolo, Joris Kayembe, Rocky Bushiri, Théo Bongonda, Ngal’ayel Mukau, Mario Stroeykens, Noah Sadiki et Michel-Ange Balikwisha. D’autres profils évoluant en Europe pourraient également être sollicités lors de la prochaine fenêtre FIFA, notamment Willy Kambwala (Villarreal), Anthony Musaba (Fenerbahçe), Warren Bondo (Cremonese), Noah Mbamba (Bayer Leverkusen) et Anthony Milambo (Brentford).
Pour le staff technique des Léopards, l’intégration de ces talents binationaux ne relève pas d’un simple renfort ponctuel, mais s’inscrit dans une stratégie globale visant à conjuguer expérience, jeunesse et professionnalisme acquis dans les championnats européens. L’objectif est de bâtir un effectif compétitif et équilibré, capable de rivaliser avec les meilleures nations lors des barrages intercontinentaux et de poser les bases d’un renouveau durable du football congolais.
Au-delà de l’enjeu sportif, une qualification pour la Coupe du monde 2026 représenterait une véritable consécration de cette politique de recrutement des talents binationaux. Elle renforcerait la visibilité de la RDC sur la scène internationale et ouvrirait de nouvelles perspectives pour les générations futures du football congolais.
Guillaume MABALA