À l’ouverture le vendredi 7 novembre 2025 du Sommet de Belém, prélude à la 30ᵉ Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP30), le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a lancé un vibrant appel à l’action, exhortant les dirigeants mondiaux à “agir avec l’urgence qu’exige la crise climatique”. Pour lui, cette rencontre dans le cœur de l’Amazonie doit marquer “l’heure de la vérité”.
“Si nous n’agissons pas de façon effective, au-delà des discours, nos sociétés ne croiront plus aux COP ni au multilatéralisme”, a averti Lula devant les chefs d’État, diplomates et acteurs de la société civile réunis à Belém.
Trente-trois ans après le Sommet de la Terre de Rio en 1992, le monde revient au Brésil pour débattre du climat. Lula a justifié le choix de l’Amazonie comme lieu de la COP30 : “Nous voulons que le monde voie la réalité des forêts, du plus grand bassin hydrographique de la planète et des millions d’habitants de la région.”
Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de dépasser les “voyages annuels de négociateurs” pour un contact direct avec les défis écologiques sur le terrain.
Le président brésilien a annoncé la création du Tropical Forests Forever Fund (TFFF), un mécanisme innovant d’investissement destiné à préserver les forêts tropicales.
“Ce n’est pas un don, mais un investissement. Ceux qui protègent les forêts seront rémunérés, tout comme ceux qui investiront dans le fonds : une logique gagnant-gagnant”, a-t-il expliqué. Le Brésil, a-t-il ajouté, y investira un milliard de dollars et attend des contributions ambitieuses d’autres pays.
Lula a rappelé que le principe des “responsabilités communes mais différenciées” reste le socle de tout accord climatique légitime.
“Les pays riches ont été les grands bénéficiaires de l’économie fondée sur le carbone. Ils doivent être à la hauteur de leurs responsabilités, non seulement par des engagements, mais par des actes”, a-t-il martelé.
Le président a aussi mis en avant les progrès du Brésil, affirmant avoir réduit de moitié la déforestation en Amazonie en deux ans et présenté une Contribution Déterminée au niveau National (CDN) ambitieuse visant une réduction de 59 à 67 % des émissions de gaz à effet de serre.
Le Brésil, dont 88 % de l’électricité provient déjà de sources renouvelables, entend poursuivre son leadership dans les énergies propres, biocarburants, solaire, éolien et hydrogène vert.
Lula a plaidé pour une transition énergétique “juste, ordonnée et équitable”, rappelant que les plus pauvres sont les premiers touchés par les dérèglements climatiques.
Pour relier les enjeux écologiques et sociaux, il a annoncé une “Déclaration sur la Faim, la Pauvreté et le Climat”, soulignant que “lutter contre le réchauffement climatique, c’est aussi lutter contre la faim”.
Constatant la “paralysie” du Conseil de sécurité des Nations unies, Lula a proposé la création d’un Conseil du Changement Climatique directement rattaché à l’Assemblée générale de l’ONU, afin d’assurer un suivi réel des engagements climatiques.
« L’époque des proclamations de bonnes intentions est révolue. L’heure est venue des plans d’action », conclut le président brésilien, appelant à faire de la COP30 “la COP de la vérité”.
Christiane EKAMBO