En ce dimanche 1er mars 2026, Kinshasa s’est réveillée au rythme de la solidarité. Dès les premières heures de la matinée, des milliers de Congolais ont répondu à l’appel du ministère du Genre, Famille et Enfant. Un élan spontané, puissant et chargé d’émotion : celui d’un peuple uni pour ses frères et sœurs de l’Est.

Tous arboraient un polo blanc, symbole de paix, d’unité et d’espérance. Cette tenue commune traduisait une volonté ardente : voir triompher la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Femmes violées, familles décimées, enfants privés d’école, populations contraintes à l’errance permanente… Les blessures infligées par la guerre imposée à la RDC par le Rwanda à travers ses supplétifs de l’AFC/M23 continuent de marquer les esprits. Face à cette tragédie, la capitale a choisi de marcher.

Partie de la Place des Évolués, dans la commune de la Gombe, la marche baptisée « Marchons pour Elles, Marchons pour l’Est » a traversé les grandes artères de la ville dans une ambiance à la fois grave et déterminée.
Aux côtés de la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, des femmes leaders, des jeunes engagés, des hommes promoteurs d’une masculinité positive ainsi que de nombreux mouvements associatifs ont marché d’un même pas, vêtus de blanc comme un message silencieux adressé au monde.

Le cortège a quitté la Gombe pour rejoindre Lingwala, avec pour point d’orgue une halte au Mémorial du Génocost. Là, dans ce lieu chargé de mémoire, un moment de recueillement a figé la foule. Silence, regards graves, mains levées vers le ciel : la marche prenait une dimension spirituelle et historique.
Inauguré le 2 août 2025 à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi, le Mémorial du Génocost est dédié aux victimes du génocide congolais pour des raisons économiques. Il rappelle les millions de morts, les viols massifs et les violences liées aux conflits armés et à l’exploitation illicite des ressources naturelles. Sur le site, des armes blanches utilisées par les bourreaux et des objets ayant appartenu aux victimes témoignent encore de l’horreur vécue.

Prenant la parole devant une foule impressionnante, la ministre Micheline Ombae a donné le ton de cette mobilisation, qui marque également l’ouverture officielle du mois dédié aux droits des femmes :
« Ce premier jour ouvre le mois consacré aux droits des femmes. En marchant aujourd’hui, dès 8h30, aux côtés des femmes et des hommes engagés pour une masculinité positive, nous avons voulu poser un acte d’amour envers nos compatriotes de l’Est. Nous nous tenons ici, devant le Génocost, pour penser à l’unisson et unir nos forces afin que la paix triomphe ».
Plus qu’un simple rassemblement, la marche s’est voulue un engagement moral et politique. Devant le Mémorial, la ministre a appelé à l’unité nationale et au soutien des institutions dans la quête de la paix et de l’intégrité territoriale :
« En soutenant le Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et en relayant des messages responsables et constructifs, nous contribuons à l’effort collectif de paix. Notre présence ici est un acte de fidélité envers la Nation et un message d’espoir pour nos frères et sœurs de l’Est ».
Le choix du Mémorial du Génocost n’est pas anodin. En y lançant le mois de la femme, Micheline Ombae inscrit la mobilisation féminine dans une dynamique de mémoire, de justice et de reconnaissance des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et du génocide congolais.
Lors de la troisième commémoration du Génocost, le président Félix Tshisekedi y avait allumé la flamme de la solidarité, symbole de la résilience du peuple congolais.
Ce dimanche 1er mars 2026, vêtue de blanc et portée par une marée humaine, Kinshasa a rappelé que la douleur de l’Est est celle de toute la Nation et que la paix demeure un combat collectif.
Christiane EKAMBO