Nord-Kivu : la LUCHA réclame la fin du monopole de l’électricité de l’ENK à Butembo et Beni

Ph.d'illustration

Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) a adressé un mémorandum au gouverneur du Nord-Kivu, le général-major Évariste Kakule Somo, pour dénoncer le monopole de la société Énergie du Nord-Kivu (ENK) dans la fourniture d’électricité à Butembo et Beni.

Selon ce document parvenu à Journaldesnations.net, ce monopole entraîne des tarifs jugés prohibitifs et un service insuffisant dans deux villes en pleine croissance.

Dans ce mémo de deux pages, la LUCHA rappelle que la loi n°14/011 du 17 juin 2014 sur le secteur de l’électricité a libéralisé la production et la distribution de l’énergie en RDC, garantissant une concurrence loyale entre opérateurs. Le mouvement juge donc « aberrant » que l’exclusivité accordée à l’ENK par l’ancien gouverneur Julien Paluku Kahongya continue d’empêcher l’arrivée d’autres investisseurs.

« Cette société commerciale a une faible capacité de couvrir les besoins des populations de Beni et Butembo, qui connaissent une forte croissance démographique. C’est la raison des coupures intempestives, aux conséquences multiples, restées jusqu’ici sans dédommagement », souligne la LUCHA, rappelant que l’article 48 de la Constitution congolaise reconnaît à tout citoyen le droit à l’électricité.

Le mouvement critique également des prix jugés excessifs : « L’abonnement le moins cher est fixé à 300 USD, contre environ 156 USD dans d’autres régions du pays pour les besoins domestiques. Le kilowattheure est facturé à 0,38 USD, alors que la moyenne nationale tourne autour de 0,25 USD ».Selon la LUCHA, ces coûts élevés limitent l’accès à l’électricité à « une minorité privilégiée », alors qu’il s’agit d’un service de base.

Dans ses recommandations, la LUCHA demande au gouverneur du Nord-Kivu :

  1. La levée immédiate de la concession exclusive accordée à l’ENK pour permettre l’arrivée d’autres fournisseurs.
  2. L’utilisation des 10 % des recettes reversées par l’ENK à la province pour financer l’éclairage public, essentiel à la sécurité urbaine.
  3. La suppression des frais de maintenance des compteurs imposés aux abonnés.
  4. Le respect strict de la réglementation sur la tarification, afin de protéger les consommateurs.

Le mouvement prévient que, sans mesures rapides, il mènera « d’autres actions de grande envergure » pour contraindre les autorités à agir. Il appelle également la population de Butembo et de Beni à « sortir de son profond sommeil » et à dénoncer les injustices sociales qui freinent leur développement.

Djiress BALOKI/Nord-Kivu

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