En 2025, seulement 3 dossiers sur 42 ont été jugés dans la ville de Butembo, contre 298 sur 328 à Beni (soit 90,85 %) et 6 sur 9 à Lubero (66,7 %). Ces chiffres, révélés par le Réseau pour les droits de l’homme (REDHO), mettent en lumière le traitement des dossiers d’enfants en conflit avec la loi dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale de l’enfant de la rue, le REDHO dresse un état des lieux préoccupant du fonctionnement des juridictions pour enfants dans les zones de Beni, Butembo et Lubero.
Au total, 379 dossiers ont été enrôlés en 2025 dans ces trois juridictions. Si Beni affiche une performance élevée avec 90,85 % de dossiers jugés (298 sur 328), et Lubero un taux intermédiaire de 66,7 % (6 sur 9), Butembo accuse en revanche un retard significatif, avec seulement 7 % de dossiers traités, soit 3 jugements sur 42 affaires enregistrées.
Le REDHO souligne que ces enfants proviennent majoritairement de milieux fragilisés. « Nombreux sont des enfants orphelins, déplacés de guerre, et d’autres issus de familles indigentes », précise le communiqué.
L’organisation met également en évidence un déficit structurel majeur dans la prise en charge de ces mineurs. Elle évoque notamment « l’absence d’un Établissement de garde pour l’éducation de l’enfant (EGEE) en ville de Butembo », qui « contribue à l’insuffisance de la rééducation de certains enfants en conflit avec la loi ».
Face à cette situation préoccupante, le REDHO plaide pour la mise en place d’un Établissement de garde pour l’éducation de l’enfant à Butembo. L’organisation appelle également les parents à s’impliquer davantage afin de « lutter contre le phénomène des enfants de la rue ».
Djiress BALOKI