Beni-Ruwenzori : la CRDH alerte sur une insécurité grandissante à l’approche des fêtes de fin d’année

À l’approche des festivités de Noël et du Nouvel An, la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), antenne de Ruwenzori au Nord-Kivu, tire la sonnette d’alarme face à une montée inquiétante de l’insécurité dans plusieurs quartiers de la commune de Ruwenzori, en ville de Beni, ainsi que dans le secteur portant le même nom. L’alerte a été lancée ce mercredi 26 novembre 2025 par son coordinateur, Maître Merveille Sikwaya.

Selon lui, le suivi récent mené par la CRDH révèle une présence active d’hommes armés dans plusieurs zones.

« Nous dénonçons l’insécurité grandissante de la part de ces individus armés, qui mettent en péril la quiétude de la population », déclare-t-il.

Les quartiers Païda, Kasabinyole, Bel Air ainsi qu’une partie de Nzuma sont particulièrement touchés. La CRDH indique que ces hommes armés circulent la nuit, observent les maisons, identifient leurs occupants et exigent parfois de connaître le contenu des biens présents à l’intérieur.

Plusieurs incidents ont été rapportés, notamment la visite ciblée du domicile d’un réparateur dont les assaillants savaient où se trouvait sa moto, ou encore celle d’une personne chargée de garder l’argent d’une tontine.

« Ceux qui circulent savent exactement où ils vont et ce qu’ils viennent prendre, » prévient Maître Sikwaya.

La situation reste préoccupante à Kasindi, où l’insécurité continue de troubler la quiétude des habitants. Face à cela, la CRDH appelle les communautés locales à une vigilance accrue, surtout en cette période précédant les fêtes de fin d’année.

Le coordinateur insiste particulièrement sur le rôle des jeunes dans les systèmes d’alerte communautaires : « Nous n’allons pas attendre que l’État mette des moyens en place pour créer un système d’alerte. À travers la CRDH, nous pouvons sensibiliser les jeunes pour qu’ils s’activent dans ce réseau. »

La CRDH salue la présence d’un nombre important d’agents de sécurité, notamment des services de renseignement et de la police, mais plaide pour un renforcement des positions dans tous les quartiers de la commune.

Elle appelle les autorités policières et militaires du Nord-Kivu, du territoire de Beni et du poste frontalier à veiller à ce que la présence accrue de policiers, notamment ceux venus de Goma, Bukavu et d’autres zones, ne devienne pas elle-même source d’insécurité.

« On peut constater un effectif gonflé, mais cet effectif peut encore insécuriser la communauté, » avertit le coordinateur, invitant les autorités à surveiller de près leurs éléments, rappelant qu’il existe toujours des brebis galeuses pouvant s’écarter de leur mission.

Gloire TSONGO/ Beni

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