Quelques jours après la chute de la ville d’Uvira entre les mains du M23/AFC, la société civile de la ville de Kikwit, dans la province du Kwilu (sud-ouest de la République démocratique du Congo), est montée au créneau. Elle dénonce le recours à la guerre comme méthode de lutte contre un régime légitimement établi.
S’exprimant par la voix de son président, Laurent Bwenia Muhenia, la société civile estime que cette pratique doit être définitivement bannie.
« Cette méthode est antidémocratique. Combien d’innocents sont tombés sous les balles ? Quels dégâts matériels considérables cela engendre ? Lorsqu’on estime qu’un régime gouverne mal, il n’existe qu’une seule voie en démocratie : celle des urnes », a-t-il déclaré.
Laurent Bwenia a ajouté que, même en présence d’autres revendications, ce n’est pas par les armes que l’on doit s’exprimer dans un État démocratique.
« Il existe d’autres voies pour se faire entendre sans verser le sang d’innocents », a-t-il insisté.

De son côté, Jean Malundu, un autre cadre de la société civile, a vivement condamné la prise d’Uvira et d’autres agglomérations, ainsi que le recours aux armes.
« Le fait de recourir aux armes et de s’emparer de certaines entités avec la complicité d’autres pays, comme le Rwanda, démontre que l’on agit contre son propre pays, au profit d’intérêts étrangers, tout en sacrifiant ses propres compatriotes », a-t-il affirmé.
Jean Malundu a, par ailleurs, plaidé pour la mise en place d’un tribunal spécial chargé de juger tous ceux qui ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Badylon KAWANDA BAKIMAN/Kikwit