Ituri : 27 ex-otages des ADF libérés après paiement de rançons à Walese Vonkutu

Vingt-sept (27) civils enlevés par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont retrouvé la liberté dans la chefferie de Walese Vonkutu, en territoire d’Irumu (Ituri). Leur libération, intervenue entre le 15 et le 16 février, serait consécutive au paiement de lourdes rançons par leurs familles, selon des sources locales.

D’après la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) d’Irumu, les proches des victimes auraient reçu des appels téléphoniques exigeant des montants variant entre 5 000 et 10 000 dollars américains pour obtenir leur libération. Une pratique qui met une nouvelle fois en lumière l’économie criminelle entretenue par ce groupe armé dans l’est de la RDC.

Les ex-otages sont arrivés lundi matin à Mongé avant d’être conduits à Ndimo, sous l’accompagnement des combattants locaux dits « wazalendo ». Sur place, les premiers témoignages font état de conditions de détention difficiles et d’une pression constante exercée sur les familles pour accélérer le paiement des rançons.

Christophe Munyanderu, coordonnateur de la CRDH/Irumu, dénonce l’inaction face à la menace persistante des ADF.

« 27 civils ex-otages des terroristes ADF ont été relâchés depuis le 15 février 2026. Ils sont arrivés lundi matin à Mongé. Accueillis par les wazalendo présents sur place, ils ont ensuite été accompagnés jusqu’à Ndimo. Les témoignages recueillis indiquent que leur libération est intervenue après le paiement de rançons. Les familles ont été contraintes de verser les sommes exigées par ces terroristes. En l’absence de poursuites contre l’ennemi, la population se retrouve prise en otage », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, la CRDH appelle le gouvernement central à intensifier les opérations militaires dans cette partie du territoire d’Irumu afin de neutraliser les groupes armés et de restaurer l’autorité de l’État. L’organisation plaide également pour un renforcement des mécanismes de protection des civils, régulièrement ciblés par les incursions rebelles.

Dans un contexte humanitaire déjà alarmant dans l’est du pays, marqué par des déplacements massifs de populations et un accès limité aux services sociaux de base, cette nouvelle affaire d’otages relance le débat sur l’efficacité des dispositifs sécuritaires en place. Sur le terrain, les habitants affirment vivre dans la peur permanente, redoutant de nouvelles incursions et d’autres enlèvements.

Gloire TSONGO/Beni

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