Maladie du sommeil : l’Europe donne un avis favorable à l’acoziborole, un traitement révolutionnaire en prise unique

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu un avis scientifique favorable concernant l’acoziborole, un nouveau traitement oral contre la trypanosomiase humaine africaine due à Trypanosoma brucei gambiense, la forme la plus répandue de la maladie du sommeil. Une avancée majeure vient ainsi d’être franchie dans la lutte contre cette pathologie tropicale négligée.

L’annonce a été faite le 27 février 2025 par l’organisation Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi). Développé en partenariat avec Sanofi et d’autres acteurs, l’acoziborole se présente comme une véritable révolution thérapeutique : « trois comprimés à prendre en une seule fois, sans hospitalisation, sans injections et sans procédures complexes ».

Il y a encore vingt ans, les options thérapeutiques contre la maladie du sommeil étaient extrêmement limitées et parfois dangereuses. Les médecins utilisaient notamment un médicament à base d’arsenic, dont la toxicité était telle qu’il entraînait le décès d’environ un patient sur vingt.

Selon DNDi, cet avis favorable de l’EMA rapproche la communauté internationale de l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : éliminer la maladie du sommeil comme problème de santé publique d’ici 2030.

Transmise par la piqûre d’une mouche tsé-tsé infectée, la trypanosomiase humaine africaine est presque toujours mortelle en l’absence de traitement. À un stade précoce, la maladie se manifeste par des maux de tête et de la fièvre. À un stade avancé, le parasite traverse la barrière hémato-encéphalique, envahit le système nerveux central et provoque des troubles comportementaux, cognitifs et neurologiques : crises d’épilepsie, troubles du sommeil, agressivité, confusion, léthargie, convulsions et, à terme, le décès.

En 2024, moins de 600 cas ont été signalés dans le monde, selon les données communiquées par les partenaires à l’origine du développement de l’acoziborole, un chiffre historiquement bas, qui témoigne des progrès accomplis dans la lutte contre cette maladie.

Djiress BALOKI

Laisser un commentaire