Beni : 104 militaires en détention préventive libérés grâce au plaidoyer de la MONUSCO

Une vue de la prison de Beni (Ph. Tiers)

Ce vendredi 26 mars 2026, cent quatre (104) détenus préventifs ont été libérés de la prison centrale de Beni-Kangbayi, au Nord-Kivu, à la suite d’un plaidoyer soutenu par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), en collaboration avec la MONUSCO/Beni. Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à désengorger une prison surpeuplée et à garantir le respect des droits fondamentaux des personnes détenues.

La mesure concerne principalement des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), dont certains étaient incarcérés depuis plusieurs années sans avoir été jugés. Elle fait suite à plusieurs recommandations du BCNUDH, appelant à une meilleure gestion des détentions préventives et à un renforcement de l’accès à la justice.

Depuis le jeudi 25 mars 2026, le Tribunal militaire de garnison de Beni tient des audiences foraines directement au sein de la prison, avec l’appui logistique et technique du BCNUDH/MONUSCO.

Prévue pour une capacité de 250 détenus, la prison de Beni-Kangbayi en accueille aujourd’hui plus de 1 800, soit un taux de surpopulation estimé à environ 400 %. Au total, 300 dossiers, datant de 2019 à 2023, sont en cours d’examen. Ils portent notamment sur des accusations de viol d’enfants, de meurtre, de tentative de viol, de participation à un mouvement insurrectionnel, de propagation de faux bruits et de perte d’armes.

Dans plusieurs cas, des prévenus sont décédés en détention sans avoir été jugés.

Le directeur de la prison de Beni, Tsongo Makelele Mashauri, salue l’appui de la MONUSCO :

« Cet appui de la MONUSCO est très utile, voire capital. Lorsque la MONUSCO facilite le déplacement des magistrats jusqu’à la prison pour la tenue des audiences foraines, cela a un impact réel. D’une part, les détenus accèdent à la justice ; d’autre part, cela contribue à désengorger la prison. Cet appui permet également l’aménagement des peines. En effet, lorsque le directeur de la prison propose au ministre de la Justice une libération conditionnelle, seuls les détenus jugés et condamnés peuvent en bénéficier. Or, c’est justement grâce à l’appui de la MONUSCO que la justice peut accélérer le traitement des dossiers judiciaires ».

La libération de ces 104 détenus constitue ainsi une avancée significative dans la lutte contre la détention prolongée sans jugement et la surpopulation carcérale. Elle illustre l’impact concret de la coopération entre la justice militaire congolaise et la MONUSCO, dans un contexte sécuritaire toujours fragile.

Gloire Tsongo/Beni

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