La République démocratique du Congo (RDC) a enregistré un léger recul de la déforestation en 2025, sans pour autant inverser une tendance de fond toujours préoccupante. Selon les données du laboratoire GLAD de l’Université du Maryland, publiées sur les plateformes Global Forest Watch de WRI et Global Nature Watch, « la perte de forêt primaire en RDC a diminué de 5 % entre 2024 et 2025 ». Malgré cette baisse, le pays reste le troisième au monde en superficie de forêts perdues.
Cette situation s’explique en grande partie par des facteurs structurels. Le rapport souligne que « la majeure partie de la perte de forêt primaire de la RDC (86 % entre 2002 et 2025) » est liée à « la culture itinérante à petite échelle », reflet d’une agriculture de subsistance encore dominante. À cela s’ajoute « la récolte du bois pour le bois de chauffage et le charbon de bois […] », qui demeure une source d’énergie essentielle pour de nombreux ménages.
Les dynamiques sécuritaires aggravent également la pression sur les forêts. Selon la même source, « les conflits en cours ont forcé les communautés à se déplacer vers de nouvelles zones, où beaucoup ont défriché des forêts » pour s’installer et subvenir à leurs besoins. Ces déplacements, combinés à la pauvreté persistante, contribuent à la dégradation continue des écosystèmes forestiers.
L’exploitation minière constitue un autre facteur déterminant. Le document note qu’elle « peut entraîner indirectement la perte de forêts en déplaçant plus de personnes dans des régions auparavant isolées », favorisant ainsi l’expansion des activités agricoles et des habitats. Dans ce contexte, la perte de forêt primaire non liée aux incendies « était la plus élevée jamais enregistrée pour le pays », signe d’une intensification des pressions humaines.
Par ailleurs, des signes d’une déforestation à vocation commerciale apparaissent progressivement. Le rapport indique notamment que « la zone de production de cacao du pays a plus que quintuplé entre 2015 et 2024 », illustrant l’émergence de nouvelles dynamiques liées aux marchés agricoles.
Malgré ce léger recul observé en 2025, la situation reste donc critique. Le bassin du Congo, dont la RDC constitue le cœur, « joue un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial » et demeure un pilier pour la biodiversité ainsi que pour les moyens de subsistance de millions de personnes. Les données de Global Forest Watch mettent ainsi en évidence l’urgence d’actions dans le but de s’attaquer aux causes profondes de la déforestation.
Djiress Baloki