Le gouvernement congolais a adopté une série de mesures destinées à protéger la filière cacao face à la chute des cours sur le marché international. Cette question a été examinée lors de la 88ᵉ réunion du Conseil des ministres présidée vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Dans un communiqué publié ce samedi 9 mai 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a indiqué que le gouvernement a adopté un plan d’action interministériel visant à renforcer la résilience du secteur cacaoyer en RDC.
Le Conseil des ministres a notamment analysé le contexte économique marqué par l’embellie enregistrée en 2024, lorsque le prix de la tonne de cacao avait franchi la barre des 10 000 dollars américains, avant de connaître une baisse significative.
Pour répondre à cette crise, plusieurs mesures sectorielles ont été arrêtées. Sur le plan fiscal, le ministère des Finances prévoit d’accorder des allègements fiscaux aux comptoirs qui exportent officiellement le cacao et rapatrient les devises en République démocratique du Congo.
Dans le domaine agricole, le gouvernement entend poursuivre la distribution gratuite de semences améliorées ainsi que de bacs de fermentation afin d’améliorer le rendement et la qualité du cacao congolais. Des infrastructures de conservation, notamment des entrepôts et des silos de stockage, devront également être construites.
Le ministère du Développement rural a, pour sa part, été chargé d’organiser les petits producteurs en coopératives solides afin de leur permettre de négocier directement leurs contrats de vente sans passer par des intermédiaires.
Le gouvernement mise également sur la transformation locale du cacao. À travers le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), une ligne de crédit sera mise en place pour préfinancer les campagnes d’achats et soutenir les premières initiatives industrielles de transformation.
Dans cette perspective, les Zones économiques spéciales (ZES) de Musienene, au Nord-Kivu, et de Gwaka, dans le Sud-Ubangi, devraient être opérationnalisées, tandis que de nouvelles ZES sont annoncées en Ituri et dans le Haut-Uele.
Les infrastructures routières figurent aussi parmi les priorités. Le gouvernement prévoit la réhabilitation urgente des axes reliant les zones de production aux ports, aux frontières et aux grands centres de consommation.
Sur le plan sécuritaire, une unité mixte composée de la Police, de la Douane et de l’Armée sera créée pour lutter contre la contrebande et sécuriser les pistes utilisées pour le trafic frauduleux du cacao.
Enfin, le ministère du Commerce extérieur poursuivra la formation des producteurs sur les normes internationales, tout en travaillant à la diversification des marchés d’exportation et au renforcement de la politique qualité.
Selon le Conseil des ministres, la réponse à la crise du cacao doit être à la fois fiscale, structurelle et sécuritaire, avec pour objectifs la réduction des taxes, la transformation locale de la production et la fermeture des circuits de fraude dans les zones productrices.
Christiane EKAMBO