Butembo : des mouvements citoyens rejettent toute révision constitutionnelle liée à un troisième mandat

Au Nord-Kivu, des mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Butembo ont réaffirmé leur opposition à toute tentative de modification de la Constitution congolaise visant à permettre un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Dans un communiqué rendu public ce 9 mai 2026, la synergie composée notamment de la LUCHA, du Parlement Debout de Furu (PDF), de FILIMBI, de RAIYA ANA SIMAMA, de Génération Z RDC et de Citizen Act dit constater « des déclarations contradictoires, provocatrices et dangereuses pour l’avenir démocratique, sécuritaire et social du pays ».

Dans ce document consulté par journaldesnations.net, les signataires dénoncent un débat constitutionnel qu’ils jugent déplacé au regard du contexte sécuritaire actuel dans l’Est de la RDC.

« Pendant que des millions de Congolais vivent dans la misère chronique et que l’insécurité généralisée s’intensifie à l’Est du pays, le chef de l’État semble davantage préoccupé par des appétits politiques démesurés autour d’un éventuel troisième mandat », peut-on lire dans ce document.

Les mouvements citoyens critiquent également les propos du président de la République affirmant que « si le peuple veut un troisième mandat, il l’acceptera », estimant qu’ils ouvrent la voie à « des manœuvres visant à l’organisation d’un prétendu référendum constitutionnel ».

Selon cette synergie, « la guerre qui sévit à l’Est est tirée à longueur afin de servir d’alibi pour la non-tenue des élections », tout en préparant « un référendum pour contourner l’article 220 de la Constitution », lequel limite le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois.

Les organisations signataires considèrent qu’il s’agirait d’« un simple coup d’État contre la Constitution » et appellent les Congolais à « se lever pour barrer la route à ce projet machiavélique ».

Enfin, ces mouvements annoncent que « des actions de terrain vont bientôt commencer » et invitent toutes les couches sociales partageant cette position à rejoindre leur dynamique citoyenne.

Lors de sa conférence de presse tenue mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a, de son côté, réaffirmé sa volonté d’engager une réflexion sur une éventuelle révision de la Constitution. Le chef de l’État a notamment soutenu que certaines réformes du secteur de la justice, dans le cadre du partenariat négocié avec les États-Unis en décembre dernier, nécessitent des adaptations institutionnelles.

Le Président de la République a également estimé qu’il serait « inacceptable de condamner tout le pays à ne pas avancer » en raison du débat autour du troisième mandat, présenté comme une ligne rouge par l’opposition. Pour Félix Tshisekedi, réfléchir à une réforme constitutionnelle « n’est pas un crime », dès lors qu’il s’agit de réfléchir à l’avenir institutionnel du pays et à l’héritage à laisser aux générations futures.

Djiress BALOKI

Laisser un commentaire