À New York, Bruxelles, Paris et Washington, les réactions diplomatiques se sont multipliées en quelques heures après les tirs de projectiles ayant visé les environs de la ville d’Es-Smara le 5 mai 2026. Plusieurs capitales et institutions internationales ont exprimé une convergence de positions autour d’un même message : condamner les attaques, éviter toute escalade militaire et privilégier la voie politique sur la base de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies et du plan marocain d’autonomie.
L’Union européenne condamne les attaques
Dernière réaction en date, celle de l’Union européenne au Maroc. Dans une publication relayée sur le réseau social X, l’ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, Dimiter Tzantchev, a fermement condamné les attaques visant Es-Smara.
« La récente attaque contre Smara doit être condamnée. Ce n’est pas le moment de l’escalade, mais celui des négociations, conformément à la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, en prenant comme base le plan d’autonomie du Maroc afin de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable conforme à la Charte des Nations unies », a déclaré le diplomate européen.
Le compte officiel de l’Union européenne au Maroc a relayé cette position, donnant à cette déclaration une portée diplomatique particulièrement notable dans le contexte actuel.
Cette prise de position européenne intervient alors que les réactions internationales se multiplient depuis les tirs enregistrés près d’une infrastructure sensible à Es-Smara. Les autorités marocaines avaient immédiatement placé la région en état d’alerte sécuritaire après la chute de trois projectiles à proximité de la prison locale. Selon les premières constatations, l’incident n’a fait ni victimes ni dégâts matériels majeurs, mais il a déclenché une enquête approfondie.
Les premiers éléments recueillis présentent des similitudes avec des incidents enregistrés précédemment dans la région, renforçant les soupçons d’une implication du front polisario, même si les investigations officielles se poursuivent.
L’ONU appelle au dialogue
Lors de son point de presse quotidien tenu jeudi 7 mai au siège de l’Organisation des Nations unies, le porte-parole du secrétaire général, Stéphane Dujarric, a relayé la position de l’envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara marocain, Staffan de Mistura, ainsi que celle de la MINURSO concernant les attaques ayant visé les environs d’Es-Smara.
Le porte-parole a déclaré que « Staffan de Mistura partage et soutient les préoccupations exprimées par la MINURSO concernant l’attaque à la roquette du front polisario le 5 mai près d’Es-Smara ».
Le responsable onusien a également indiqué que la mission des Nations unies avait exprimé sa profonde inquiétude face à des incidents de tirs dans des zones civiles, appelant les parties à éviter tout acte susceptible de compromettre le processus politique en cours.
Dans le même registre, Stéphane Dujarric a précisé que l’envoyé personnel du secrétaire général avait souligné qu’« il s’agit d’un moment pour le dialogue et les négociations, et non pour une escalade militaire ».
Le message de l’ONU insiste également sur l’urgence de revenir à un cessez-le-feu et de parvenir à une solution politique durable et mutuellement acceptable entre les parties concernées.
Washington et Paris durcissent le ton
Sur le plan diplomatique bilatéral, l’ambassade des États-Unis à Alger a également réagi à travers une publication sur X, affirmant que « le statu quo au Sahara ne sert les intérêts de personne et ne peut pas continuer ».
Dans le même temps, la mission des États-Unis auprès des Nations unies a condamné les attaques attribuées au front polisario, estimant qu’« une telle violence menace la stabilité régionale et les progrès accomplis vers la paix », tout en rappelant que la proposition marocaine d’autonomie constitue la base du chemin vers la résolution du différend.
Quelques heures plus tôt, l’ambassadeur américain au Maroc, Duke Buchan III, avait lui aussi dénoncé les tirs visant des infrastructures civiles, affirmant que « ceux qui s’opposent à la paix lançaient des missiles contre des infrastructures civiles ».
La France a également exprimé sa position officielle à travers un communiqué diplomatique condamnant l’attaque attribuée au polisario contre la ville d’Es-Smara. Paris a estimé que cette attaque « menace la stabilité régionale et met en péril le processus de négociation engagé » après l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité.
La diplomatie française a par ailleurs réaffirmé que « l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine trace la voie vers une paix juste, durable et mutuellement acceptable », ajoutant qu’elle constitue, pour la France, « la seule base » permettant d’aboutir à un règlement du conflit.
L’ensemble de ces réactions intervient dans une séquence diplomatique particulièrement sensible autour du Sahara marocain, marquée par un renforcement du soutien international au plan marocain d’autonomie et par une vigilance sécuritaire accrue dans l’espace sahélo-saharien.
Avec maroc-diplomatique.net