La 17ᵉ épidémie de la Maladie à virus Ebola qui frappe actuellement l’Est de la RDC est causée par la souche Bundibugyo, une variante jugée moins agressive que la souche Ebola-Zaïre, ont expliqué les experts lors d’un briefing spécial organisé mardi à Kinshasa.

Le virologue Jean-Jacques Muyembe Tamfum, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a détaillé les principales différences entre les deux formes du virus.

Selon lui, la souche Ebola-Zaïre provoque une maladie particulièrement sévère, caractérisée par plus de 50 % de signes hémorragiques et un taux de mortalité dépassant 80 %.

En revanche, la souche Bundibugyo, observée notamment à Isiro par le passé, présente des symptômes moins spectaculaires et une mortalité estimée à environ 40 %.
« Au début, le malade présente un tableau clinique semblable au paludisme ou à d’autres infections courantes. Les hémorragies apparaissent parfois tardivement », a expliqué l’expert.
Le scientifique a également rappelé que la découverte du virus Bundibugyo avait surpris les chercheurs, les diagnostics étant jusque-là essentiellement orientés vers Ebola-Zaïre.
Grâce aux techniques développées par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta, cette nouvelle souche avait finalement pu être identifiée.
Malgré son niveau de dangerosité plus faible, le Dr Muyembe a reconnu que peu d’études ont encore été menées sur Ebola-Bundibugyo.
« Nous ne disposons ni de vaccin ni de traitement curatif. Mais dans les prochains jours, nous allons mettre en place des candidats vaccins et des molécules thérapeutiques afin de trouver une solution », a-t-il annoncé.
Les spécialistes rappellent toutefois que les mesures classiques de santé publique restent les plus efficaces : isolement des malades, protection des soignants, enterrements sécurisés et rupture rapide des chaînes de transmission.
Christiane EKAMBO