RDC : le gouvernement veut faire de l’eau un levier de développement avec la création de l’Office congolais de l’eau

Carte établie par le Commission Internationale du Bassin du Congo (CICOS)

La République démocratique du Congo entend faire de son immense potentiel hydrique un véritable moteur de développement économique et un instrument de coopération régionale. C’est dans cette optique que la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a annoncé, mardi, la création prochaine de l’Office congolais de l’eau (OCE).

L’annonce a été faite lors du briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, consacré notamment aux réformes engagées dans le secteur de l’environnement.

Selon la ministre, la création de cette nouvelle structure répond à une double ambition : assurer une gestion durable des ressources hydriques nationales et transformer l’eau en un véritable levier de croissance pour l’économie congolaise.

« La RDC possède plus de 50 % des réserves d’eau douce de l’Afrique. Aujourd’hui, l’eau est qualifiée d' »or bleu ». Avec cette ressource, il est possible de bâtir toute une économie dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement », a déclaré Marie Nyange Ndambo.

Si la RDC dispose d’abondantes ressources en eau, la ministre a toutefois mis en garde contre l’idée selon laquelle cette richesse serait inépuisable.

Elle a expliqué que les écosystèmes qui alimentent les cours d’eau et les bassins hydrographiques peuvent être fragilisés par les effets du changement climatique ou par les activités humaines.

« Il y a des facteurs qui génèrent l’eau et, lorsque ces facteurs sont en souffrance, certaines sources peuvent se tarir et même des bassins devenir problématiques », a-t-elle souligné.

Pour le gouvernement, la création de l’Office congolais de l’eau permettra ainsi de mieux préserver cette ressource stratégique, d’assurer son suivi scientifique et d’anticiper les défis liés à sa disponibilité.

Transformer l’eau en richesse nationale

Au-delà de sa dimension environnementale, l’OCE aura également une vocation économique. Il devra élaborer des stratégies destinées à faire de l’eau une source de revenus pour la République démocratique du Congo.

« Pour affirmer notre leadership dans ce domaine et donner au pays des ressources financières à partir de l’eau, il fallait créer l’Office congolais de l’eau », a expliqué la ministre.

Placée sous la tutelle du ministère de l’Environnement, cette institution travaillera sur les mécanismes permettant de valoriser durablement les ressources hydriques du pays afin qu’elles contribuent au financement du développement national.

« Nous allons travailler sur des stratégies pour que l’eau de la RDC procure des revenus à la République afin de construire notre développement », a-t-elle affirmé.

Réponse face aux défis climatiques et pénuries d’eau

Marie Nyange Ndambo a également inscrit cette réforme dans un contexte marqué par les effets grandissants du changement climatique sur les ressources en eau à travers le continent.

Elle a cité, à titre d’exemple, les tensions autour du bassin du Nil, dont dépend largement l’Égypte, ainsi que les difficultés auxquelles font face les pays riverains du lac Tchad, confrontés à son assèchement progressif.

Pour elle, ces situations illustrent l’urgence de mettre en place des mécanismes d’anticipation capables de prévenir les crises hydriques.

« Cet Office va également examiner toutes les problématiques liées à la carence en eau dans plusieurs pays. Il travaillera de manière stratégique sur toutes les questions liées à la gestion de l’eau afin que cette ressource puisse également bénéficier aux pays qui nous entourent », a indiqué la ministre.

Selon Marie Nyange Ndambo, la création de l’Office congolais de l’eau s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui souhaite positionner la RDC comme un acteur majeur de la gouvernance de l’eau en Afrique.

L’objectif est de permettre au pays d’anticiper les futurs défis liés aux ressources hydriques, de renforcer son leadership régional et de contribuer aux réponses face aux pénuries qui touchent plusieurs États africains.

Avec cette réforme, le gouvernement ambitionne de faire de l’eau non seulement une ressource à protéger, mais aussi un levier stratégique de développement économique, de résilience climatique et de coopération régionale, dans un contexte où l’« or bleu » est appelé à occuper une place croissante dans les enjeux géopolitiques et économiques du continent.

Blaise Bozenge et Christiane Ekambo

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