Le ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa Tongba, veut faire de la planification spatiale un outil de réduction des inégalités entre les différentes régions de la République démocratique du Congo. Lors de l’exercice de redevabilité du Gouvernement, il a présenté plusieurs mesures destinées à mieux organiser l’implantation des infrastructures et à préserver les espaces d’intérêt public.
Le développement inégal des territoires constitue, selon le ministre, l’un des principaux défis auxquels la RDC doit faire face. Certaines provinces, particulièrement celles situées aux frontières, restent confrontées à un déficit d’infrastructures et d’équipements, avec des conséquences sur leur développement économique et social.

Pour Jean-Lucien Bussa, une meilleure organisation de l’espace national doit permettre de corriger progressivement ces déséquilibres et de renforcer la compétitivité du pays.
Le Gouvernement mise ainsi sur une approche qui doit permettre de mieux coordonner les différentes politiques publiques en fonction des réalités propres à chaque territoire.

Dans cette perspective, le Conseil national d’aménagement du territoire, placé sous la présidence du Premier ministre, constitue l’un des mécanismes retenus pour assurer une meilleure cohérence des décisions en matière d’aménagement.
Le ministère travaille également à l’élaboration d’un atlas des disparités régionales. Cet outil doit permettre d’identifier les écarts entre les différentes régions et de disposer de données utiles pour orienter les investissements publics.
L’objectif est notamment de mieux planifier l’implantation des infrastructures de base, à l’image des routes, des établissements scolaires et des universités, en tenant compte de la répartition des populations et de l’utilisation des sols.
Cette démarche doit également encadrer la création de nouvelles zones économiques ou industrielles, afin que leur implantation réponde à une logique d’aménagement plutôt qu’à des décisions isolées.
Au-delà de la planification, le ministère entend renforcer le contrôle de l’occupation des espaces.
À cet effet, 142 inspecteurs de terrain assermentés ont été déployés au sein de l’Office national de l’aménagement du territoire (ONAT). Leur mission consiste notamment à veiller à la protection des espaces verts et des zones présentant un intérêt public.
Cette présence sur le terrain vise à renforcer le respect des règles d’aménagement et à limiter les occupations susceptibles de compromettre les espaces destinés à l’intérêt collectif.
Le projet de construction des rocades fait également l’objet d’un dispositif particulier. Le ministère de l’Aménagement du territoire travaille avec celui des Infrastructures et Travaux publics dans le cadre d’un comité de pilotage consacré à ce chantier.
Un arrêté interdit désormais toute construction dans un rayon de 50 mètres de part et d’autre des voies concernées. Cette mesure vise à prévenir l’occupation anarchique des emprises et à préserver les espaces nécessaires à la réalisation et à la protection des infrastructures.
Sa mise en œuvre doit toutefois tenir compte des réalités locales. Des concertations sont ainsi menées avec les autorités coutumières et les populations concernées.
Pour le ministère, cette démarche doit permettre de concilier les impératifs d’aménagement avec la prise en compte des communautés locales, tout en réaffirmant le principe de souveraineté foncière de l’État.
À travers ces différentes initiatives, Jean-Lucien Bussa Tongba entend inscrire l’aménagement du territoire dans une perspective de développement équilibré, où la localisation des infrastructures, la protection des espaces publics et la gestion des emprises répondent à une vision cohérente de l’organisation du territoire national.
Christiane Ekambo