Coupures d’électricité à Kinshasa : la SNEL mise sur une centrale flottante de 134 MW

Kinshasa fait face à des perturbations persistantes de la desserte en électricité. Pour renforcer rapidement l’offre disponible, la Société nationale d’électricité (SNEL) annonce une solution d’appoint : une centrale flottante de 134 mégawatts (MW), dans le cadre d’un partenariat avec Karpowership.

Les coupures d’électricité qui affectent plusieurs quartiers de Kinshasa s’expliquent notamment par les difficultés actuelles de production hydroélectrique. C’est ce qu’a expliqué le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, lors du briefing de presse du gouvernement tenu jeudi 1er octobre, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Selon le responsable de la SNEL, la baisse importante du niveau des eaux affecte certaines installations de production et entraîne la mise à l’arrêt de plusieurs machines. Dans ce contexte, l’entreprise cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement afin de réduire sa dépendance à l’hydroélectricité.

Une centrale flottante pour renforcer l’offre

Pour répondre à cette situation, la SNEL travaille avec Karpowership sur une solution de production flottante. Une première capacité de 134 MW doit être injectée à partir de Matadi, avec pour objectif d’atténuer le déficit énergétique. Le DG de la SNEL a indiqué que cette solution pourrait être déployée dans un délai de moins d’un mois.

À Kinshasa, cet apport devrait contribuer à améliorer la desserte. Teddy Lwamba estime l’amélioration potentielle à environ 20 %, dans un contexte où la demande d’électricité de la capitale dépasse largement les capacités actuellement disponibles.

Cette option s’inscrit également dans une volonté affichée par la SNEL de diversifier son mix énergétique. Après avoir longtemps reposé essentiellement sur l’hydroélectricité, l’entreprise entend désormais recourir à d’autres sources de production pour renforcer la disponibilité du courant.

Au-delà des contraintes techniques, Teddy Lwamba a également évoqué les difficultés financières auxquelles fait face l’entreprise.

Le directeur général a notamment pointé la question des factures impayées des institutions publiques. Selon ses déclarations rapportées lors du briefing, l’État représente environ 25 % de la consommation d’électricité, alors que les difficultés de paiement des institutions publiques affectent les ressources de la SNEL.

Cette situation intervient alors que l’entreprise doit financer la production, la maintenance et le fonctionnement de son réseau. Pour Teddy Lwamba, une réflexion doit donc être menée sur le financement du secteur afin de permettre à la SNEL de disposer de ressources suffisantes pour assurer ses missions.

Le DG plaide notamment pour un mécanisme de subvention du secteur de l’électricité, à l’instar des dispositifs de soutien existant dans d’autres secteurs.

Christiane Ekambo

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