RDC : Teddy Lwamba s’oppose au démembrement de la SNEL et plaide pour une restructuration

Teddy Lwamba, Directeur général de la SNEL

Le débat sur la restructuration de la Société nationale d’électricité (SNEL) se poursuit en République démocratique du Congo. Face à la presse, mercredi 1er octobre à Kinshasa, lors du briefing animé conjointement avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a mis en garde contre un éventuel démembrement de l’entreprise sans règlement préalable de ses contraintes financières et structurelles.

Pour le directeur général de la SNEL, toute réforme de l’entreprise publique doit tenir compte de sa situation financière actuelle, notamment de l’existence d’importantes dettes. Il s’est notamment interrogé sur les conséquences qu’aurait un découpage de la société sur les différentes composantes de sa chaîne de valeur.

« On ne prend pas la décision de démembrer une structure qui a encore des dettes », a déclaré Teddy Lwamba, soulignant la nécessité de déterminer au préalable quelle entité devrait assumer les charges et obligations financières de la SNEL.

Dans cette perspective, le DG de la société nationale d’électricité estime prioritaire de s’attaquer à la question de la dette avant toute réorganisation institutionnelle. Il évoque notamment la possibilité d’une restructuration ou d’un rachat de cette dette, avec un mécanisme permettant de la transférer, notamment par titrisation.

Au-delà de la dette, Teddy Lwamba estime que la réflexion sur l’avenir de la SNEL doit également porter sur son cadre juridique. Il juge nécessaire de clarifier le régime de propriété de l’entreprise afin de disposer d’une base solide pour toute réforme future.

« Il faut également définir le régime juridique de propriété de la SNEL », a-t-il indiqué devant la presse.

Le responsable de la SNEL a également attiré l’attention sur la répartition actuelle des effectifs au sein de l’entreprise. Selon les données présentées lors du briefing, la distribution concentre 58 % de la masse laborieuse, contre 13 % pour la production et 10 % pour le transport. La part restante est affectée notamment à l’administration centrale et à d’autres fonctions.

Pour Teddy Lwamba, cette configuration traduit un déséquilibre de la masse professionnelle qui constitue l’un des défis à prendre en compte dans toute démarche de restructuration.

« Il y a un déséquilibre à ce jour », a-t-il relevé.

Plutôt qu’un démembrement de la SNEL, le directeur général met l’accent sur l’amélioration des performances opérationnelles de l’entreprise. Il cite notamment la qualité de la maintenance des infrastructures électriques ainsi que l’accélération de la pose des compteurs parmi les leviers susceptibles d’améliorer le fonctionnement du secteur.

À ses yeux, la performance de la SNEL ne dépend donc pas uniquement de son organisation institutionnelle, mais également de la capacité à renforcer ses outils et ses mécanismes de fonctionnement.

« Ce n’est pas le démembrement qui devrait apporter plus de performance », a-t-il affirmé, plaidant plutôt pour une amélioration du rôle de l’État dans la gestion et l’accompagnement de la SNEL.

Pour Teddy Lwamba, le maintien d’une SNEL unifiée demeure ainsi une responsabilité qui incombe également au gouvernement, alors que les autorités poursuivent la réflexion sur les réformes nécessaires dans le secteur de l’électricité.

Le débat reste donc ouvert entre la nécessité de restructurer l’entreprise publique et celle de préserver une organisation intégrée, tout en s’attaquant à ses principaux défis financiers, humains et opérationnels.

Christiane Ekambo

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