Un ancien militaire rwandais réfugié en Ouganda, où il s’était mué en fervent critique du régime rwandais, a été retrouvé mort, décapité, près de la capitale ougandaise, Kampala
Ancien sergent de l’armée rwandaise, musicien et instructeur militaire, Robert Kabera avait fui son pays en 2020. Installé en Ouganda avec le statut de réfugié, il était devenu au fil des années une voix critique du régime de Paul Kagame.
Sur sa chaîne YouTube, suivie par plus de 140.000 abonnés, il dénonçait régulièrement les violations des droits humains au Rwanda.
Son corps sans tête a été découvert le 17 octobre dans le village de Luwala. Selon la police, la tête de la victime est toujours introuvable. Son frère affirme qu’il avait déjà survécu à plusieurs tentatives d’enlèvement et d’agression.
Les circonstances du meurtre de Robert Kabera et son mobile demeurent inconnus.
La journaliste britannique Michaela Wrong, qui a longuement enquêté sur le Rwanda contemporain, pense toutefois que plusieurs pistes méritent d’être examinées.
« Je sais qu’il y a toute une série d’assassinats, de tentatives d’assassinats, d’enlèvements, de dissidents rwandais qui avaient fui le pays. Et alors, ce sont des gens qui, souvent, partent et deviennent des demandeurs d’asile. Ils pensent qu’ils sont en sécurité. Mais il y a les agents du Rwanda qui les poursuivent. Et après, il y a des morts de ce genre », affirme Wrong.
Cette affaire rappelle d’autres morts controversées de personnalités rwandaises en exil. En 2014, Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements et opposant au président Paul Kagame, avait été retrouvé étranglé dans un hôtel en Afrique du Sud. Sept ans plus tard, l’opposant Seif Bamporiki était abattu dans le même pays.
Avec la rédaction francophone de la DW