Dans une tribune lucide, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, alerte sur une tendance préoccupante dans les sociétés africaines : celle de l’auto-flagellation. Entre critiques excessives, culpabilisation permanente et absence d’autocritique constructive, cette posture devient, selon lui, un véritable frein au développement.
Selon Julien Paluku, de nombreux Africains – y compris en République Démocratique du Congo – semblent prisonniers d’un schéma mental où l’autodénigrement prend le dessus sur la confiance collective. Cette « auto-flagellation » ne se limite pas à l’individu, mais touche aussi la perception que les peuples ont d’eux-mêmes et de leurs dirigeants.
« Une société désespérée qui se recroqueville dans l’auto-flagellation », écrit-il.
Cette attitude, poursuit-il, est non seulement stérile mais aussi destructrice, car elle crée un climat d’impuissance et d’immobilisme.
Cinq effets délétères de l’auto-flagellation
Julien Paluku identifie cinq effets délétères de ce comportement d’auto-flagellation à savoir ; La Perte de confiance en soi, la paralysie collective, le repli sur soi, le pessimisme et divisions et l’ incapacité à apprendre des erreurs. « En se percevant comme incapable, un peuple freine sa créativité, son ambition et sa capacité à entreprendre », souligne Julien Paluku qui explique qu’il s’agit là de la perte de confiance en soi. « Il poursuit qu’à force de ruminer les échecs passés, on évite l’action, on redoute l’erreur, on s’enferme dans l’inaction », c’est la paralysie collective, déclare-t-il.
La nuance est importante, insiste le ministre. Là où l’auto-flagellation est destructrice, l’autocritique constructive est, elle, salutaire. Elle permet :
- d’identifier et corriger les erreurs,
- de renforcer la résilience,
- de stimuler l’innovation,
- et de bâtir des institutions solides.
C’est cette approche critique, mais tournée vers la solution, qui manque souvent dans les débats africains. Ceux-ci sont trop souvent centrés sur les personnes, les accusations et les ressentiments, au lieu de porter sur les idées et les réformes.
Julien Paluku lance un appel à l’introspection individuelle : « Avant de parler des autres, que chacun regarde dans sa propre famille : est-ce vraiment un modèle de société ? »
Cette remise en question personnelle, selon lui, est indispensable pour sortir d’une critique vaine et entrer dans une dynamique constructive.
En conclusion, le ministre encourage le développement d’attitudes constructives, de ponts de paix et de collaborations sincères. C’est par cette voie, dit-il, que la société pourra réellement progresser.
« Tout compte fait, il faut développer davantage des attitudes constructives, des ponts de paix, des passerelles de collaboration… C’est la société qui en sortira gagnante. »