Avant la signature de l’accord RDC-Rwanda : le président angolais Joâo Lourenço plaide pour une intégration économique et la paix régionale

Discours de Joâo Lourenço lors de la signature de l'accord RDC-Rwanda à Washington

Avant la cérémonie historique entérinant l’accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, le président angolais Joâo Lourenço a pris la parole pour souligner l’importance de la paix et de l’intégration économique dans la région des Grands Lacs.

Dans son intervention, le chef de l’État angolais a insisté sur le potentiel du continent africain, affirmant que « les ressources et les jeunes talents dont nous disposons, connectés grâce à notre infrastructure régionale et à la Zone de libre-échange continentale africaine, peuvent déclencher une transformation sans précédent ».

Selon lui, une région pacifique et intégrée accélérera l’innovation, réduira les risques grâce à des gouvernements prévisibles, et abaissera les coûts par une réglementation harmonisée. « Des frontières ouvertes stimuleront le commerce, attirant ainsi des industries à forte valeur ajoutée sur notre continent », a-t-il ajouté.

Le président Lourenço a également dénoncé la dépendance historique de l’Afrique aux exportations de matières premières, pour lesquelles le continent paie ensuite le prix fort en important des produits raffinés. Il a appelé à tirer parti de l’intégration économique régionale pour développer des chaînes de valeur dans les secteurs minier, manufacturier et agroalimentaire, créant ainsi emplois et richesse.

« La région des Grands Lacs se tient au seuil d’une nouvelle ère. La paix ouvrira des portes, l’intégration nous guidera et le dynamisme du secteur privé nous fera avancer », a-t-il affirmé.

Avant de conclure, le président angolais a élargi son plaidoyer à d’autres crises africaines : « Alors que nous célébrons les progrès réalisés en RDC, nous ne devons pas détourner le regard d’autres catastrophes. Je voudrais demander respectueusement, Monsieur le Président, que vous souteniez les efforts visant à résoudre la catastrophe humanitaire au Soudan ».

Cette intervention s’inscrit dans un contexte diplomatique crucial, où la paix et la prospérité économique de la région des Grands Lacs sont désormais liées à la coopération entre États et à la mise en œuvre d’un agenda continental ambitieux.

Christiane EKAMBO

RDC–Rwanda : un accord de paix signé à Washington malgré un climat de méfiance

La République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé, jeudi 4 décembre à Washington, un accord de paix sous la médiation du président américain Donald Trump. La cérémonie s’est tenue au siège de l’Institut Donald Trump pour la paix, fraîchement rebaptisé par le département d’État.

Présidant l’événement, Donald Trump a salué un « accord historique », affirmant qu’il s’agissait d’un « puissant document qui peut changer le destin de la région ». Mais du côté des deux pays signataires, le ton est resté mesuré.

Le président congolais Félix Tshisekedi a reconnu « un tournant important », tout en avertissant que « le chemin qui s’ouvre sera exigeant et parfois difficile ». Son homologue rwandais Paul Kagame a, lui aussi, salué « une médiation pragmatique », tout en prévenant que « l’application de l’accord connaîtra des hauts et des bas ».

Cette signature vise à relancer un processus de désescalade entre les deux voisins, engagés depuis des mois dans un cycle de tensions et d’affrontements à l’est de la RDC. Malgré la prudence affichée, les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de donner une chance à la paix, engageant leurs administrations à mettre en œuvre les dispositions du document signé.

Christiane EKAMBO

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