Beni : à Eringeti, les déplacés de guerre vivent sans assistance malgré les plaidoyers

À Eringeti, une agglomération du groupement Bambuba Kisiki, en territoire de Beni (Nord-Kivu), les déplacés de guerre continuent de vivre dans une précarité alarmante, malgré une accalmie sécuritaire relative observée ces dernières semaines. Originaires de plusieurs zones en proie à l’insécurité, ces populations peinent à accéder à une assistance humanitaire adaptée.

S’exprimant ce lundi 29 décembre, le fonctionnaire délégué affecté à Eringeti, Njiamoja Sabiti Evariste, a indiqué que la situation sécuritaire demeure globalement calme, en dehors de la tuerie de deux jeunes survenue dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 décembre dernier. Des enquêtes sont en cours afin d’identifier les auteurs de cet acte. Toutefois, l’urgence reste avant tout humanitaire pour les déplacés installés dans cette entité.

Eringeti demeure en effet une zone de convergence pour de nombreuses familles fuyant les violences dans d’autres localités du territoire de Beni, une situation qui accentue la pression sur des ressources locales déjà limitées.

« Vous savez, Eringeti est comme un bassin qui reçoit les déplacés venant de tous les côtés. C’est pourquoi nous avons beaucoup de déplacés ici. Mais la vie est compliquée, parce que ces déplacés ne sont pas assistés », a déclaré le fonctionnaire délégué.

Face à cette situation, l’autorité locale affirme avoir engagé des démarches auprès des autorités compétentes et de leurs partenaires afin d’obtenir une réponse humanitaire.

« Nous sommes en train de faire des plaidoyers. Quand on va répondre, peut-être que ça ira », a-t-il ajouté.

En attendant une réponse concrète, les déplacés survivent grâce à la solidarité des familles d’accueil et à des moyens de subsistance très limités, dans un contexte socio-économique déjà fragile.

Par ailleurs, Njiamoja Sabiti Evariste a appelé la population à la vigilance et à la collaboration avec les services de sécurité, particulièrement en cette période festive.

« Il faut être vigilant, dénoncer tout cas suspect qui peut se trouver à côté de nous, car l’ennemi peut être en train de tourner autour de nous », a-t-il insisté.

Pour les déplacés de guerre vivant à Eringeti, les plaidoyers engagés constituent, pour l’instant, le seul espoir d’une amélioration de leurs conditions de vie, alors que l’attente d’une assistance humanitaire se prolonge.

Gloire TSONGO/Beni

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