Ce jeudi 15 octobre 2026 marque le douzième anniversaire du massacre survenu dans le quartier Ngadi, à Beni, au Nord-Kivu. Douze ans après ces violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), les conséquences restent lourdes pour les survivants et les familles endeuillées. Kaba Wesi, habitant de Beni, appelle à faire de cette commémoration une occasion de renforcer l’assistance aux victimes et de préserver la mémoire des personnes tuées.
Pour lui, cette date ne devrait pas se limiter aux cérémonies commémoratives. Elle devrait également mobiliser les écoles et les universités autour du devoir de mémoire, tout en encourageant la solidarité envers les personnes touchées par les massacres. Il évoque notamment les habitants qui ont abandonné leurs champs et qui éprouvent encore des difficultés à y retourner, hantés par les souvenirs des violences et les craintes liées à l’insécurité.
« Nous pensons qu’à ce douzième anniversaire de commémoration, on devrait beaucoup plus se tourner vers les victimes, parce que, bien sûr, elles nous regardent. Il y a certaines personnes qui ont abandonné leurs champs et leurs activités depuis toutes ces années », a déclaré Kaba Wesi.
L’habitant de Beni estime également que le 15 octobre devrait être une occasion de mobiliser des fonds en faveur des victimes directes des massacres et d’interpeller la communauté internationale sur les violences qui continuent de frapper la région. Il insiste sur la nécessité de maintenir la mobilisation au-delà de cette seule journée commémorative.
Kaba Wesi appelle par ailleurs le gouvernement congolais à prévoir chaque année un budget spécifique pour la prise en charge des victimes, en complément des mécanismes de réparation existants, dont le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
« Au-delà du FONAREV, le gouvernement devrait allouer chaque année un budget pour la prise en charge des victimes des massacres. Par exemple, rendre gratuits les frais universitaires pour les jeunes qui ont perdu tous leurs parents, mais aussi les soins de santé pour les autres victimes de ces atrocités », a-t-il plaidé.
Selon lui, de telles mesures pourraient contribuer à alléger les souffrances des personnes affectées par les violences. Il estime que la défense des droits des victimes doit faire l’objet d’un plaidoyer permanent, plutôt que d’être limitée aux anniversaires des massacres.
Douze ans après les tueries de Ngadi, les questions de mémoire, de réparation et d’accompagnement des survivants demeurent au centre des préoccupations exprimées par des habitants de Beni.
Gloire Tsongo/Beni
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