Le président national de la Solidarité congolaise pour la démocratie (SCODE), Jean-Claude Muyambo Kyassa, a déclaré, jeudi 15 octobre 2026 à Lubumbashi, des poursuites contre l’ancien président Joseph Kabila devant la Cour pénale internationale (CPI). Il s’est également opposé à son retour au Katanga et a critiqué le découpage de l’ancienne province en quatre entités, intervenu sous la présidence de Kabila.
« La place de Kabila, au regard de ce qu’il a fait dans ce pays, c’est à la Cour pénale internationale (CPI). Il l’avait déjà fait avec Jean-Pierre Bemba, et le président Tshisekedi doit l’envoyer à la CPI », a déclaré Jean-Claude Muyambo.
Il a estimé que Joseph Kabila devait répondre devant cette juridiction des faits qu’il lui reproche, affirmant que les preuves nécessaires à des poursuites existaient. Le président de la SCODE a également rejeté un éventuel retour de l’ancien chef de l’État dans l’espace katangais.
« Voilà pourquoi je lui dis aujourd’hui, avec la voie qu’il a suivie, il ne mettra plus ses pieds ici au Katanga. Nous devons dire non à Kabila et à ses aventures », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent après l’annonce, le 12 octobre à Goma, de la désignation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire présenté comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), liée à la rébellion du M23.
Rappelons que, Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 par la justice militaire congolaise, notamment pour trahison et crimes de guerre, dans une affaire liée à son soutien présumé à la rébellion.
Jean-Claude Muyambo a également contesté la subdivision de l’ancienne province du Katanga en Haut-Katanga, Lualaba, Haut-Lomami et Tanganyika. Selon lui, cette réorganisation a fragilisé la cohésion régionale et créé des déséquilibres économiques entre les nouvelles provinces.
« Kabila avait le plan de nous diviser au Katanga. Il voulait nous diviser et l’a fait en quatre », a-t-il déclaré, estimant notamment que Kolwezi et les ressources minières du Lualaba contribuent au développement du Tanganyika sans répartition équitable des moyens.
Il a aussi mis en cause l’utilisation des installations de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) situées au Tanganyika, qu’il associe aux intérêts de l’ancien président. Le président de la SCODE a, par ailleurs, salué les travaux routiers réalisés sous la présidence de Félix Tshisekedi, citant notamment les axes Lubumbashi-Manono et Manono-Ankoro.
« C’est maintenant qu’on a actuellement des routes de Lubumbashi jusqu’à Manono et là jusqu’à Ankoro avec le président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Guillaume MABALA