Des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), postés au niveau du pont Semuliki, sur la route Mbau-Kamango en territoire de Beni (Nord-Kivu), sont accusés de tracasseries répétées à l’endroit des usagers. Il leur est notamment reproché d’interdire la prise de photos et de procéder à des contrôles abusifs de cartes d’électeurs effacées.
Plusieurs voix s’élèvent à Beni pour dénoncer le comportement de ces militaires affectés à ce point stratégique, qui relie plusieurs localités du territoire. Les soldats interdisent aux passants de photographier le pont, assimilant cet acte à une infraction, sans fournir de fondement juridique à cette interdiction.
Papy Muhindo Kasayi, président du Conseil communal de la jeunesse d’Oicha, a exprimé son indignation dans une interview accordée mardi 22 juillet au Journal des Nations. Il dénonce ce qu’il qualifie de « tracasseries injustifiées » imposées aux voyageurs.
« Je suis vraiment désolé du comportement de certains de nos militaires au niveau du pont Semuliki. Ils tracassent les usagers de la route. Des gens veulent simplement photographier la rivière Semuliki, notre patrimoine, et ils en sont empêchés. On se demande s’il existe une loi qui l’interdit. Si oui, qu’on la rende publique pour qu’on sensibilise la population. Si non, qu’on laisse les Congolais jouir librement de ce patrimoine », a-t-il déclaré.
Le leader de la jeunesse a aussi rapporté que le chef coutumier Mwimi Pascal aurait promis de s’impliquer personnellement pour clarifier cette situation. Selon lui, aucune disposition légale n’interdit la prise de photos à cet endroit.
En plus de cette restriction, l’état dégradé de certaines cartes d’électeurs serait à l’origine de multiples cas de blocages et même d’arrestations arbitraires.
« Nous avons rencontré une dame arrêtée alors qu’elle voulait se rendre à Beni, simplement parce que sa carte d’électeur était effacée. Est-ce sa faute ou celle de la CENI, voire du gouvernement ? Beaucoup de nos cartes sont dans le même état. Si cela devient un motif d’arrestation, alors nous finirons tous en prison », a-t-il ironisé.
Face à cette situation, Papy Muhindo Kasayi appelle les autorités compétentes à intervenir urgemment pour mettre fin à ces pratiques, qu’il juge contraires aux droits des citoyens. Il recommande également un recadrage des militaires déployés dans cette zone, afin de restaurer la confiance entre les forces de défense et la population.
Ce cri d’alarme relance le débat sur le respect des droits civiques, la liberté de circulation et la nécessité d’un encadrement rigoureux des services de sécurité dans les zones sensibles, particulièrement à l’est de la République démocratique du Congo.
Gloire TSONGO/ Beni