La ville commerciale de Butembo, au Nord-Kivu, a observé vendredi 28 novembre 2025 une journée totalement paralysée. Boutiques, écoles, banques, universités : tout est resté fermé après l’appel lancé par la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression à consacrer une journée de méditation et de compassion en hommage aux victimes des massacres attribués aux rebelles ADF dans le territoire de Lubero et dans d’autres zones touchées par l’insécurité.
Selon les organisateurs, le mot d’ordre a été largement suivi dans toute la ville.
Jean-Pierre Kasma, porte-parole circonstanciel de la synergie, s’est dit satisfait du niveau d’adhésion de la population :
« En tout cas, pour nous, c’est une réussite. Nous remercions la population de Butembo qui a obéi au mot d’ordre. Toutes les boutiques sont fermées, les écoles sont fermées, aucune université ne fonctionne. Les banques sont fermées, il n’y a pas d’activité dans la ville. Malgré les appels de certains groupes, dont la Véranda Musanga, et malgré l’appel du maire de ville, nous sommes très satisfaits du résultat ».
À la mi-journée, le constat était clair : Butembo était totalement à l’arrêt, marquant ainsi une pause collective pour rappeler la gravité des violences qui continuent de frapper la région.
Pour les initiateurs, cette action visait avant tout à réveiller la conscience collective face à une insécurité qui, selon eux, tend à être banalisée.
« La population a commencé à normaliser les massacres des ADF et l’insécurité dans notre région. Aujourd’hui, nous l’avons appelée à garder la mémoire, à prendre conscience que nous avons un problème et que nous devons trouver une solution », a ajouté Jean-Pierre Kasma.
La synergie annonce également une série d’actions régulières baptisées vendredis de mémoire et de solidarité. Chaque vendredi, un nouveau geste citoyen sera posé : action de prière, soirée patriotique ou autre forme de mobilisation.
Les organisateurs prévoient en outre de solliciter les députés afin qu’ils se rapprochent davantage de leurs électeurs.
« Les députés, nous les avons votés, mais nous ne voyons pas leur rôle. À travers cette série d’actions, nous irons vers eux pour échanger », a conclu le porte-parole.
Cette journée sans activités traduit une fois de plus le ras-le-bol d’une population confrontée depuis des années aux attaques meurtrières des ADF et à une insécurité persistante dans la région.
Gloire Tsongo / Beni