Au Nord-Kivu, l’Union des Victimes des Marches Anti-MONUSCO (U.V.M.A.M) demande réparation pour des dommages survenus lors des événements de juillet 2022 à Butembo. Dans une correspondance adressée au gouverneur du Nord-Kivu, le général Evariste Somo Kakule, l’organisation estime le préjudice total à 13 810 dollars américains.
Devant la presse, vendredi dernier, l’organisation est revenue sur les faits, évoquant notamment le vandalisme d’un magasin appartenant à un opérateur économique, ainsi que l’emport de cercueils dans deux ateliers de pompes funèbres, « sous prétexte de trouver de quoi vêtir les victimes ». Selon les détails fournis, 10 210 dollars concernent des vêtements et 3 600 dollars des cercueils.
D’après le communiqué lu par son porte-parole, Jérôme Malule, ces incidents sont survenus à la suite des manifestations anti-MONUSCO, alors que des familles de victimes s’étaient mobilisées pour procéder aux enterrements dans un contexte marqué par l’absence de dispositifs d’accompagnement. L’organisation estime qu’« aucun mécanisme n’avait été envisagé pour garantir des obsèques dignes et sécurisées ».
L’U.V.M.A.M affirme disposer de plusieurs pièces justificatives, notamment des actes de décès, des attestations de décès et d’inhumation, et appelle les autorités provinciales à intervenir afin de rétablir les victimes économiques dans leurs droits. Elle insiste « sur la nécessité de faire entendre sa voix et d’obtenir justice », tout en rappelant les impacts des événements de juillet 2022 sur le tissu économique local.
En juillet 2022, une dizaine de personnes avaient perdu la vie, parmi lesquelles des civils et des casques bleus, lors de manifestations anti-MONUSCO particulièrement violentes. Cette mobilisation populaire avait été déclenchée par des accusations d’inaction de la force onusienne face à l’insécurité persistante dans l’Est du pays. Ces violences avaient conduit au retrait forcé de la base de l’ONU de la ville en août 2022.
Djiress BALOKI