Lors d’un briefing spécial tenu jeudi 2 avril aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a révélé la découverte de nombreuses fosses communes dans des zones récemment libérées de l’occupation de l’AFC/M23 et de ses alliés, notamment à Uvira et Minembwe.
« Le 20 février, deux jours après notre retour à Uvira, nous avons découvert trois fosses communes : une à Kavinvira, une autre à Kilomoni et une troisième à Kimanga. Ces trois fosses contenaient à elles seules plus de 210 corps », a-t-il expliqué.
Selon le gouverneur, ces découvertes ne représenteraient qu’un aperçu de l’ampleur du drame. L’Human Rights Watch évoque déjà l’existence de plus de 60 fosses communes dans la zone. Les victimes seraient des civils hommes, femmes et enfants exécutés par des groupes armés appuyés, selon lui, par le Rwanda.
Le chef de l’exécutif provincial a dénoncé des tactiques de terreur utilisées par les rebelles, notamment des déportations forcées, des intimidations, des massacres de bétail, des actes de torture et des violences sexuelles. Il a indiqué que les communautés banyamulenge auraient été particulièrement ciblées, contraintes de suivre les forces ennemies ou de subir des représailles.
Face à ces atrocités, Jean-Jacques Purusi Sadiki a salué le soutien du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi que celui de la communauté internationale. Il a mis en avant la contribution des experts légistes et des enquêteurs dépêchés sur le terrain pour documenter les crimes et rassembler des preuves.
En dépit de ces révélations glaçantes, le gouverneur a tenu à transmettre un message d’espoir. Il s’est dit confiant quant au rétablissement prochain de la sécurité et de l’autorité de l’État sur l’ensemble de la province.
« Nous allons très bientôt récupérer tous les territoires sous occupation ennemie à Kamanyola, Bukavu et Minembwe. De la même manière que nous avons célébré nos victoires ailleurs, bientôt nous danserons dans ces zones récupérées. Nos forces, renforcées par les moyens accordés par le président de la République, gagnent partout », a-t-il conclu.
De son côté, le ministre Patrick Muyaya Katembwe a tenu à rassurer que ces crimes demeurent imprescriptibles. Il a souligné que chaque exaction est documentée avec rigueur et que leurs auteurs devront répondre de leurs actes devant la justice.
Blaise Bozenge