Les indicateurs de la riposte contre la maladie à virus Ebola commencent à montrer des signes encourageants au Nord-Kivu. Le professeur Dr Steve Ahuka, incident manager de la riposte contre Ebola, estime que cette évolution est notamment liée à une meilleure adhésion des communautés aux mesures de lutte contre l’épidémie.
Il l’a déclaré mardi à dans la ville Beni, à l’issue d’une rencontre entre la délégation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), conduite par son directeur général adjoint chargé des urgences, et le vice-gouverneur policier du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Louis Second Karawa.
Pour le professeur Steve Ahuka, même si les résultats restent encore fragiles, certains indicateurs permettent désormais d’espérer une évolution positive de la situation.
« Il est encore très tôt. Vous savez, en matière d’Ebola, nous sommes sur une série de 21 jours, 21 à 42 jours. Lorsque vous mettez une mesure aujourd’hui, pour voir les effets, il faut attendre 21 à 42 jours, qui correspondent à deux fois l’incubation de la maladie », explique-t-il.
Parmi les signaux encourageants, il cite notamment la prise en charge des décès communautaires. Selon lui, au Nord-Kivu, 100 % des décès communautaires sont désormais prélevés et bénéficient d’enterrements sécurisés. Une avancée qui contribue à réduire les risques de transmission lors des rites funéraires, explique le Professeur Ahuka.
Mais malgré ces progrès, plusieurs défis restent à relever. La forte létalité enregistrée chez les enfants âgés de 0 à 5 ans demeure notamment une préoccupation majeure. La riposte doit également poursuivre ses efforts pour réduire les décès qui surviennent encore au sein des communautés.
« Nous restons toujours avec une forte létalité chez les enfants des 0 à 5 ans. C’est un point d’attention. Nous avons aussi des choses à améliorer, c’est de réduire les décès communautaires. Donc c’est sur ces deux éléments, tout en renforçant la communication pour avoir accès aux communautés, que nous allons travailler pendant ces jours, de manière à ce qu’on puisse résoudre ces deux problèmes », insiste-t-il.
Pour répondre à ces défis, les équipes de la riposte misent davantage sur le dialogue et la collaboration avec les populations. Après plusieurs semaines marquées par une forte résistance communautaire, l’accès aux communautés semble progressivement s’améliorer.
« Il y a quatre semaines, quand on était ici, il y avait beaucoup de résistance communautaire. Mais maintenant, nous avons de plus en plus accès. Il y a encore des poches », constate le professeur Steve Ahuka.
Cette évolution est notamment soutenue par l’implication des chefs coutumiers, des responsables religieux, des autorités de quartiers ainsi que des députés nationaux et provinciaux dans les actions de sensibilisation, reconnaît l’incident manager de la riposte contre Ebola, qui rappelle toutefois que « le Nord-Kivu n’est pas à sa première crise Ebola. Ça, c’est la troisième. Et le Nord-Kivu a l’expertise. Et c’est maintenant l’occasion, avec notre soutien, la coordination du ministère national, nous pensons que dans des semaines qui viennent, nous pouvons parler un autre langage ici au Nord-Kivu », fin de citation.
Djiress Baloki