La création d’un fonds de solidarité Sud-Sud destiné à financer les initiatives féminines porteuses de paix figure parmi les principales recommandations issues de la 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines (FIEF-RDC), clôturée le dimanche 11 octobre à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
Selon le rapport des organisateurs relayé par l’Agence congolaise de presse (ACP), cette proposition s’inscrit dans une série de recommandations formulées au terme de quatre jours de travaux consacrés au leadership féminin, à l’autonomisation des femmes et des jeunes filles ainsi qu’à leur contribution à la paix et au développement en Afrique.

« Mettre en place un fonds de solidarité Sud-Sud pour financer les initiatives féminines porteuses de paix » figure ainsi parmi les priorités retenues par les participants, aux côtés de mécanismes de suivi post-forum destinés à assurer la continuité des actions engagées et à pérenniser le mouvement panafricain FIEF-RDC.
Les participants ont également insisté sur la nécessité de traduire la masculinité positive en actions concrètes et en décisions susceptibles d’améliorer les conditions de vie des communautés.

Le rapport recommande par ailleurs aux États de mobiliser davantage de ressources pour financer les douze domaines d’action de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.
L’accès des femmes aux filières de formation traditionnellement considérées comme masculines figure également parmi les pistes avancées pour renforcer leur autonomie économique et leur participation aux secteurs stratégiques.
Les recommandations du FIEF-RDC accordent aussi une place importante à la santé et à la protection sociale.
Les autorités ont été appelées à mobiliser des moyens supplémentaires pour renforcer la lutte contre le cancer du sein. Les participants ont également plaidé pour la mise en place de mécanismes durables de prise en charge des personnes déplacées et retournées, confrontées aux conséquences des crises sécuritaires et humanitaires.
Dans le même esprit, la création d’un réseau de femmes leaders a été recommandée afin de favoriser le partage d’expériences, la transmission des bonnes pratiques et le renforcement des compétences en matière de médiation.
Au-delà des recommandations institutionnelles, les quatre jours de travaux ont permis de dégager douze leçons majeures pour promouvoir le leadership et l’autonomisation des femmes et des jeunes filles africaines.
Selon le rapport des organisateurs, le leadership exige de la persévérance, de la formation continue et la volonté d’avoir un impact positif sur la société. L’intelligence artificielle a notamment été présentée comme un outil susceptible de favoriser l’indépendance économique des femmes.
Les participantes ont également été encouragées à renforcer leurs compétences, à développer leur résilience et à tirer parti des réseaux sociaux de manière constructive, en privilégiant les contenus et les initiatives à valeur ajoutée.
Le rapport souligne en outre que le développement de l’Afrique ne repose pas uniquement sur les responsables occupant des fonctions institutionnelles. Il dépend aussi de l’engagement des femmes commerçantes, des artisanes et de toutes celles qui contribuent à l’économie et à la vie sociale, parfois dans l’ombre.
La clôture de cette 12ᵉ édition du FIEF-RDC a été marquée par la remise d’un symbole de paix à la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant par l’ensemble des délégations africaines présentes.
Ce geste symbolique a marqué la fin des travaux de ce forum, qui entend promouvoir le leadership féminin et encourager les initiatives en faveur de la paix, de la solidarité et du développement sur le continent.
Christiane Ekambo