À Kikwit, ville économico-politique de la province du Kwilu, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), la population n’a globalement pas suivi le mot d’ordre de « ville morte » lancé par une frange de l’opposition politique.

Dès les premières heures de la matinée, aux environs de 4 h 50, les motos-taxis, les taxis, les travailleurs du secteur public et privé ainsi que les petits commerçants avaient déjà repris leurs activités habituelles.

Les marchés, magasins, écoles primaires et secondaires, universités ainsi que les instituts supérieurs ont également fonctionné normalement, conformément à leurs programmes respectifs.
La veille, la maire ad intérim de Kikwit, Charlotte Lula, était montée au créneau pour appeler la population à poursuivre ses occupations quotidiennes. Dans un message diffusé à plusieurs reprises sur les radios locales, elle avait exhorté les habitants à se rendre au travail et à exercer leurs activités en toute sérénité.

« Que personne ne vous trompe. Le travail garantit l’indépendance. Que les commerçants, les vendeurs des marchés, les élèves, les étudiants, les agents de l’État ainsi que ceux du secteur privé se rendent à leurs occupations. Qu’est-ce que l’opposition a déjà construit dans la ville de Kikwit ? Ne vous laissez pas distraire », avait-elle déclaré.
Interrogés sur cet appel à une journée ville morte, plusieurs habitants ont exprimé des opinions divergentes.
Pour Jacques Mulolo, vendeur au grand marché de Kikwit, ce type d’action n’apporte aucune solution aux difficultés du pays.
« Est-ce que la ville morte contribue à l’économie du pays ? Depuis l’époque du maréchal Mobutu, l’opposition organise des journées ville morte. Qu’est-ce que cela a apporté à la vie des Congolais ? Nous n’avons plus besoin de distractions », a-t-il affirmé.
Même son de cloche chez Jean Muntuku, enseignant du secondaire. « Qu’est-ce que Fayulu va me donner si je reste à la maison ? Lorsque la ville est morte, l’économie aussi est morte », a-t-il déclaré.
En revanche, certains habitants se sont montrés favorables à l’initiative de l’opposition. C’est le cas de Cyrille Poto-Poto, qui exerce des activités informelles.
« Pourquoi le président Tshisekedi veut-il changer la Constitution ? Il faut mener des actions comme celle-ci pour nous libérer une fois pour toutes », a-t-il soutenu.
Thérèse Mungolo partage cette opinion.
« Nous souffrons depuis plusieurs années. Peut-être que l’opposition pourra contribuer à changer les choses », a-t-elle déclaré.
Badylon Kawanda Bakiman