De violentes pluies se sont abattues sur la capitale congolaise, provoquant d’importantes inondations et plongeant les 24 communes de Kinshasa dans une situation de quasi-paralysie. Initialement localisées dans quelques quartiers mercredi, les précipitations se sont intensifiées dès les premières heures de ce jeudi 15 janvier 2026, étendant leurs effets à l’ensemble de la ville. Un constat livré particulièrement par l’Agence Congolaise de presse (ACP).
Dans plusieurs zones, le décor est le même : routes envahies par les eaux, circulation interrompue et habitants livrés à eux-mêmes.
À Kalamu, l’avenue Victoire, où se poursuivent depuis deux mois les travaux du pont sur la rivière du même nom, a été totalement engloutie. Les eaux ont rendu impraticables à la fois la chaussée et les trottoirs, bloquant véhicules et piétons.
À proximité, le boulevard Triomphal, l’un des axes les plus emblématiques de Kinshasa, a été transformé en véritable lac urbain. Bordant notamment le stade des Martyrs, Kinshasa Arena, le Parlement et le Musée national, cette artère stratégique s’est retrouvée saturée, les collecteurs d’eau étant complètement obstrués. Des images largement partagées montrent des véhicules immobilisés, piégés par la force du courant.
La situation n’est guère meilleure sur l’avenue des Huileries, reliant Lingwala, Kinshasa et la Gombe. Submergée, cette voie autrefois structurée est devenue méconnaissable, forçant les passants à progresser péniblement dans l’eau.
À Kintambo, des avenues telles que l’OUA ou Comorico ont accumulé d’importantes quantités d’eau. Les rares véhicules qui s’y aventurent provoquent des débordements affectant directement les parcelles environnantes. Des scènes similaires ont été observées à Matete, Limete, Masina, Ndjili et Ngiri-Ngiri.
À Mont-Ngafula, la pluie a aggravé le phénomène d’érosion, avec des têtes de ravins qui continuent de progresser, menaçant habitations et infrastructures.
Habituellement mieux lotie, la commune de la Gombe n’a pas échappé à la montée des eaux. Le boulevard du 30 Juin a été inondé mercredi soir, provoquant de longs embouteillages. De nombreux travailleurs ont témoigné sur les réseaux sociaux de leur calvaire pour regagner leurs domiciles, certains contraints d’abandonner leurs moyens de transport pour finir le trajet à pied.
Jusqu’à présent, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités urbaines concernant un éventuel bilan humain ou matériel.
Cette journée du jeudi 15 janvier, à la veille des jours fériés chômés et payés des 16 et 17 janvier, commémorant les assassinats de Laurent-Désiré Kabila et de Patrice Lumumba, s’est déroulée dans une atmosphère de ville morte. La pluie, persistante jusqu’en début d’après-midi, a étouffé toute activité.
Kinshasa s’achemine ainsi vers quatre jours consécutifs de ralentissement, illustrant une fois de plus la fragilité de la capitale face aux intempéries et la récurrence des problèmes de drainage urbain.
Guillaume MABALA