Réunies au sein de la plateforme Femmes Unies pour la Nation (FUNAT), plusieurs figures féminines issues des sphères politique, académique, économique, judiciaire, culturelle et de la société civile ont officiellement exprimé, mercredi 15 avril 2026 à Kinshasa, leur soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de Organisation internationale de la Francophonie.

Pour ces femmes leaders, cette démarche dépasse le simple cadre d’un soutien politique. Elle s’inscrit dans une vision stratégique de l’avenir de la Francophonie, perçue comme un outil majeur de dialogue, de promotion culturelle et de stabilité internationale, à un moment où l’organisation fait face à de profondes mutations.

Ancrée dans l’histoire, cette mobilisation fait écho aux luttes pour la dignité portées par des figures emblématiques comme Kimpa Vita et Anuarite Nengapeta. Elle reflète également l’engagement quotidien des femmes congolaises dans la consolidation de la paix et du tissu social.

Selon FUNAT, la candidature de Juliana Amato Lumumba incarne une Francophonie en phase avec les réalités actuelles, notamment à travers « une approche fondée sur le dialogue, la coopération et la consolidation de la paix », avec une attention particulière accordée à la jeunesse, aux femmes et aux nouvelles générations.
La République démocratique du Congo, première puissance démographique francophone, entend ainsi jouer pleinement son rôle dans la redynamisation de cet espace. Pour les initiatrices, « porter une femme de cette stature à la tête de l’OIF relève moins d’une revendication que d’une évidence historique, politique et statistique ».
Prenant la parole au nom de la plateforme, Odette Babandowa a lancé un appel appuyé à l’unité nationale autour de cette candidature.
« Nous voulons appeler à la mobilisation totale du peuple congolais autour de la candidature de Mme Juliana Amato Lumumba. Cette candidature, bien qu’individuelle selon les textes de l’OIF, est portée par toute la République démocratique du Congo », a-t-elle déclaré.
Dans un ton mobilisateur, elle a poursuivi :
« Nous devons nous unir comme lorsque nous soutenons notre équipe nationale. Cette candidature est une coupe que nous devons aller chercher ensemble ».
Insistant sur la dimension populaire de la Francophonie, elle a ajouté :
« La Francophonie ne doit pas se limiter aux bureaux des chefs d’État. Elle doit être vécue par les peuples, comprise par la femme du marché comme par l’enfant du village ».
S’adressant aux dirigeants des pays membres de l’OIF, appelés à voter lors du prochain sommet prévu au Cambodge, Odette Babandowa a insisté sur l’importance de reconnaître le poids de la RDC dans l’espace francophone.
« C’est la première fois depuis notre indépendance que nous tendons la main pour diriger une institution internationale. Qu’ils considèrent cette main tendue. La République démocratique du Congo représente près de 85 % des francophones », a-t-elle plaidé.
Elle a également mis en avant le profil de la candidate :
« C’est une femme d’expérience, compétente, qui a été journaliste à Paris, ministre à plusieurs reprises et qui dispose d’une solide expérience internationale. Elle incarne une nouvelle manière de vivre la Francophonie, proche des peuples ».
À l’issue de cette rencontre avec la presse, les femmes leaders de FUNAT ont annoncé le lancement d’une campagne diplomatique auprès des ambassades des pays membres de l’OIF à Kinshasa. L’objectif est de mobiliser un soutien international en amont du scrutin.
Pour ses promotrices, soutenir Juliana Amato Lumumba revient à porter l’ambition d’« une Francophonie plus inclusive, plus solidaire et résolument tournée vers l’avenir ».
Christiane EKAMBO