Kinshasa : le contrôle technique provoque une pénurie de transports, les chauffeurs augmentent les tarifs

Une vue des usagers à un arrêt de bus à Kinshasa

Les équipes déployées par le ministère des Transports ont lancé, depuis le début de cette semaine, l’opération de contrôle technique des véhicules dans la ville de Kinshasa. Selon le constat effectué ce mercredi 20 novembre 2025 par Journal des Nations, les principales artères de la capitale sont restées inhabituellement désertes ce matin : très peu de véhicules ont circulé.


Cette situation a entraîné une rareté de moyens de transport, obligeant plusieurs Kinois à parcourir de longues distances à pied. Ceux qui se rabattent sur les motos-taxis doivent faire face à une hausse significative des tarifs, souvent doublés ou triplés. Quelques chauffeurs encore présents sur les routes ont, soit augmenté les prix, soit réduit les trajets en pratiquant le « demi-terrain ». Faute d’alternative, certains habitants ont même dû annuler leurs déplacements.


« Il est 8 heures. Ça va faire bientôt deux heures que je suis à cet arrêt, mais il n’y a pas de transport. Un chauffeur est passé et exigeait 4 000 FC pour aller du quartier 1 à la Gare centrale. Nous étions nombreux ici ; beaucoup, surtout les jeunes, sont partis à pied. Moi, je ne peux pas marcher autant. Je préfère rentrer à la maison et peut-être sortir demain », raconte un fonctionnaire de l’État, visiblement épuisé.


De son côté, Jugler Bokolo, un jeune de Matonge, décrit son périple pour rejoindre l’Institut national du bâtiment et des travaux publics :« Ce matin, pour me rendre à l’institut, j’ai énormément souffert à cause du manque de transports. J’ai dû marcher du rond-point jusqu’à la station Molaert. Là encore, aucun moyen de transport n’était disponible, alors j’ai continué à pied jusqu’à Kitambo. Épuisé, je n’avais plus la force d’avancer. J’ai finalement pris une moto, dont le conducteur m’a demandé un tarif plus élevé que d’ordinaire. Ce que j’ai vécu ce matin était vraiment terrible », témoigne-t-il.


Le transporteur public Transco, malgré le nombre de bus mis en circulation, peine à répondre à la forte demande. Avec une population estimée à plus de 16 millions d’habitants, la ville de Kinshasa nécessite pourtant des moyens de transport fiables et disponibles pour assurer la mobilité urbaine.


Blaise BOZENGE

Laisser un commentaire