La problématique de l’insalubrité dans la ville de Kinshasa a été au centre des échanges lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 29 mai 2026. Le Chef de l’État a annoncé la mise en place d’une task force spéciale chargée de l’assainissement de Kinshasa. Placée sous la supervision directe de la Présidence de la République, cette structure sera dirigée par le Lieutenant-Général Kasongo Kabwik Jean Pierre, commandant du Service National, connu pour son expérience dans la conduite des opérations d’intérêt public et de mobilisation communautaire.
Selon le compte rendu de cette réunion, lu par le ministre du Numérique, Augustin Kibassa Maliba, le Président de la République a déploré « les limites persistantes des mesures actuelles » face à la dégradation continue du cadre de vie dans la capitale.
Cette équipe réunira des experts de la Présidence de la République, du Service national ainsi que des représentants des ministères de la Santé publique, de l’Environnement, de la Défense nationale, de l’Intérieur et Sécurité, des Infrastructures et Travaux publics, de l’Urbanisme et Habitat, sans oublier des agents de l’Hôtel de Ville de Kinshasa.
L’objectif est de mettre fin à l’accumulation des déchets, au bouchage des caniveaux et à la prolifération des dépotoirs sauvages qui défigurent la capitale et aggravent les risques sanitaires, particulièrement pendant la saison des pluies.
Du côté de la population, cette annonce a été favorablement accueillie. Plusieurs Kinois estiment que cette initiative constitue une opportunité de redonner à la ville son éclat d’antan.
« Nous saluons cette décision du Président de la République. La ville affiche aujourd’hui une image peu reluisante : les dépotoirs d’ordures sont partout, les caniveaux sont bouchés et les mauvaises odeurs se multiplient. Le pire survient lorsqu’il pleut. Pourtant, Kinshasa est la capitale du pays, son miroir. À mon avis, ce qui vient d’être décidé figure parmi les meilleures solutions. Notre ville doit revêtir sa plus belle robe et redevenir véritablement « Kin la Belle » », a déclaré Gilber Okate, fonctionnaire de l’État et habitant de Kinshasa.
Même son de cloche du côté des commerçants. Mireille Mandiangu, vendeuse au marché de Binza Delvaux, estime que cette mesure pourrait contribuer à résoudre durablement le problème de l’évacuation des déchets dans les marchés.
« Nous, vendeurs de fruits et légumes, produisons souvent beaucoup de déchets à cause des produits avariés. Les personnes chargées de les ramasser, alors que nous les payons régulièrement, les entassent parfois à proximité du marché et nous continuons à travailler au milieu de ces immondices. Souvent, au lieu de les acheminer vers les sites d’enfouissement prévus, elles les déversent sur les bords des routes ou dans les lits des rivières. Une task force dirigée par un militaire sera sans doute plus dissuasive et permettra à chacun de prendre ses responsabilités pour assainir nos marchés et les autres espaces publics », a-t-elle dénoncé.
Il convient de souligner qu’une réunion d’harmonisation est prévue dans les prochains jours afin de finaliser les derniers réglages avant le lancement effectif des opérations sur le terrain.
Blaise Bozenge