Kinshasa : le secrétaire général à l’industrie, Jean-Parfait Ntabala lance les travaux d’adoption des normes sur les cultures biofortifiées

Jean-Parfait Ntabala Murhandikire, Secretary for industry in DRC

Le secrétaire général à l’Industrie, Jean-Parfait Ntabala Murhandikire, a procédé, ce mercredi 9 avril 2025, au lancement officiel des travaux d’adoption des normes relatives aux cultures biofortifiées. Ces assises se tiennent dans la salle des réunions du Secrétariat général aux Petites et Moyennes Entreprises (PME), à Kinshasa.

Les produits issus des cultures biofortifiées revêtent une importance capitale pour la santé humaine. Ils permettent de réduire, voire de combler, les carences en zinc, en fer et en vitamine A. Dans le but de promouvoir l’intérêt nutritionnel de ces produits pour les communautés de la République Démocratique du Congo, le ministère de l’Industrie et du Développement des PME et PMI, à travers le Comité National de Normalisation (CNN), a mis en place une commission technique. Cette dernière regroupe essentiellement les parties prenantes des secteurs de l’agriculture et de la nutrition.

La mission de cette commission est de rédiger trois projets de normes portant sur les cultures biofortifiées suivantes : Maïs et riz enrichis en zinc; Haricots enrichis en fer et en zinc; Maïs, patate douce et manioc enrichis en provitamine A.

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Projet multisectoriel de nutrition et de santé (PMNS), financé par la Banque mondiale. Dans ce contexte, l’organisation HarvestPlus a pris l’initiative de collaborer avec le Comité National de Normalisation, afin d’inscrire l’adoption de ces normes dans le programme officiel d’activités.

Dans son discours d’ouverture, Jean-Parfait Ntabala a insisté sur l’importance de la biofortification, notamment avec l’accompagnement du ministère du Développement de l’Industrie, des PME et PMI. Il a précisé :

« La biofortification regroupe l’ensemble des processus et méthodes visant à augmenter la densité en vitamines et minéraux dans les denrées alimentaires, ou à réduire les facteurs antinutritionnels, dans le but d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation. Elle constitue l’une des principales stratégies pour pallier les faibles niveaux de zinc, de fer et de vitamine A dans les céréales. Elle se présente comme l’une des alternatives majeures pour lutter contre la malnutrition causée par des carences en micronutriments. »

Aujourd’hui, plus de deux milliards de personnes dans le monde souffrent de carences en micronutriments, ce qui affaiblit leur système immunitaire et entraîne des conséquences sanitaires évitables telles que la cécité, le retard de croissance, ainsi que des troubles cognitifs et physiques.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 61 % des enfants de moins de 5 ans en RDC souffrent d’une carence en vitamine A, pouvant entraîner une déficience visuelle, une vulnérabilité accrue aux infections comme la diarrhée, ainsi qu’une mauvaise santé pendant la grossesse. Le manque de fer dans l’alimentation, quant à lui, est une des principales causes de l’anémie, qui touche 65 % des enfants de moins de 5 ans, 46 % des femmes enceintes, et 42 % des femmes non enceintes en âge de procréer en RDC.

Au nom du Comité National de Normalisation, son président Jean-Parfait Ntabala a salué l’initiative de HarvestPlus et a affirmé la volonté du CNN de s’approprier pleinement ce projet, dans l’intérêt d’une large frange de la population congolaise.

Pour rappel, HarvestPlus est une organisation non gouvernementale (ONG) qui coordonne des initiatives de lutte contre la malnutrition à travers le développement et la diffusion de variétés agricoles enrichies en nutriments.

Il convient de souligner que ces travaux devraient aboutir, ce vendredi 11 avril 2025, à l’adoption officielle des premières normes nationales sur les cultures biofortifiées, une grande première dans l’histoire de la normalisation en République Démocratique du Congo.

Christiane EKAMBO


Christiane EKAMBO

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