Kwilu : Plusieurs acteurs dénoncent l’insécurité et proposent des pistes de solutions

Depuis plus d’un mois, des cas d’insécurité sont enregistrés dans plusieurs coins de la province du Kwilu dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Parmi les cas dénoncés figurent des cas d’assassinat à Bandundu-ville, Chef-lieu de la province, à Kikwit, ville économico-politique, à Idiofa, Bagata et Gungu, trois territoires qui sont des terrains agricoles considérables. A cela s’ajoutent des cas des vols notamment à Kikwit et Idiofa ainsi que le phénomène « Kuluna » à Bandundu-ville et Kikwit.

Parmi les acteurs qui dénoncent ces faits d’insécurité figurent des acteurs politiques de la province, des acteurs de la société civile, des femmes leaders ainsi que des acteurs du développement durable qui ont été contactés à ce sujet.

A la question de savoir pourquoi cette recrudescence des cas d’insécurité dans cette province, chaque acteur avance des raisons. Quelques uns proposent également des pistes de solutions.

« C’est ce qui se passe dans le territoire de Kwamouth qui vient accentuer l’insécurité dans la province et la criminalité urbaine », a déclaré Jean Claude Bwanganga ministre provincial de l’intérieur du Kwilu le 29 octobre 2022. Ce dernier était nvité par le bureau de l’assemblée provinciale sur la montée du phénomène Kuluna dans la ville de Bandundu.

Le ministre Bwanganga l’a encore répété devant la presse à la sortie de l’audience.

« Au niveau du gouvernement provincial, le financement des services de sécurité a été fait de façon correcte. Tous les services de sécurité ont présenté leurs états de besoin pour sécuriser la population de Bandundu et de ses environs pour trois mois », a-t-il renchéri.

« Au niveau du gouvernement provincial, le financement des services de sécurité a été fait de façon correcte. Tous les services de sécurité ont présenté leurs états de besoin pour sécuriser la population de Bandundu et de ses environs pour trois mois », a-t-il renchéri.

De son côté, Placide Mukwa, premier vice-président du Cadre de Concertation de la société civile du Kwilu que nous avons contacté, approuve les propos du ministère.

Cet acteur de la société civile va plus loin : « Il n’y a pas que la situation de Kwamouth. A cela, il faut ajouter l’irresponsabilité du gouvernement tant national que provincial pour n’avoir pas créé des conditions susceptibles de prévenir ces cas d’insécurité ».

Quant à elle, la Sœur Thérèse Loko, religieuse de la congrégation des sœurs Annonciades et ambassadrice universelle de la paix dans le Kwilu, a mené et publié une étude relative au phénomène Kuluna dans la province du Kwilu en général et dans ville de Kikwit en particulier.

Dans cette étude, la sœur Thérèse Loko révèle quelques causes majeures : le manque d’emploi de la part de ces bandits communément appelés Kuluna ; l’irresponsabilité des parents ; le manque d’encadrement de la part de l’Etat et des privés ; la pauvreté à outrance etc.

Contacté également à ce sujet, Macaire Lunda, un des acteurs du développement durable, lie ces cas d’insécurité au manque d’une politique sociale appropriée au contexte de la RDC où plus de 60 pour cent des Congolais vivent avec moins d’un dollar par jour.

« Si cette politique existait et marchait, cela allait prévenir ces cas d’insécurité », martèle – t – il.

Quelques pistes des solutions

Face à cette situation, Nos différentes sources ont quelque remèdes.

« Pour moi, il faut d’abord recenser tous les Kuluna dans chaque entité de la province du Kwilu puis assurer des formations professionnelles dans des centres que le gouvernement et les privés doivent créer ; renforcer des centres qui existent déjà à travers la province », suggère la sœur Thérèse Loko.

« S’ils sont occupés ils n’auront plus le temps de baigner dans la criminalité qui cause l’insécurité », ajoute – t – elle.

« La mise en place d’une politique sociale nationale adaptée au contexte de la RDC est l’une des solutions importantes », indique Macaire Lunda.

De son côté, Placide Mukwa prône l’apprentissage de la technologie appropriée pour les Kuluna.

« Il faut aussi une très bonne prise en charge des différents services de sécurité afin de mener à bien leurs missions et que les gouvernements tant national que provincial prennent leurs responsabilités en mains « , ajoute – t -il.

« Nous avons des stratégies synergiques qui sont à même la table, nous attendons leur application », rassure l’honorable Paulin Kiyankay vice-président de l’assemblée provinciale du Kwilu.

Badylon KAWANDA BAKIMAN et Guylity MUTOMBO