Le Média Lab sur le journalisme inclusif, organisé par la Section Genre de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), en collaboration avec la Division de l’information publique, s’est achevé ce jeudi au Complexe Utexafrica, dans la commune de la Gombe. La cérémonie de clôture a été marquée par la remise de certificats à près de cinquante journalistes venus de différents médias de Kinshasa.

Durant deux jours, du 24 au 25 juin, les professionnels des médias, issus de la presse écrite, de la presse en ligne, de la radio, de la télévision ainsi que des plateformes numériques, ont suivi une formation placée sous le thème : « Pour un journalisme inclusif, moteur de paix et de stabilisation ».

Les échanges ont porté sur l’appropriation de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité (FPS), la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, la redevabilité médiatique ainsi que les bonnes pratiques pour produire une information plus équilibrée, sensible aux conflits et respectueuse de la diversité des voix.
La dernière journée a été consacrée à des travaux pratiques. Répartis en trois groupes – radio et télévision, presse écrite et presse en ligne, ainsi qu’influenceurs numériques –, les participants, encadrés par des binômes de co-coaching, ont élaboré des synopsis d’émissions, des maquettes d’articles et des contenus numériques à partir d’exemples concrets de projets de relèvement à impact rapide.
Présentées en plénière, ces productions ont été évaluées selon des critères mettant l’accent sur l’inclusion, l’exactitude des faits, la sensibilité aux conflits et la capacité à déconstruire les stéréotypes. L’exercice a permis aux journalistes de mettre en application les outils acquis durant la formation tout en expérimentant des approches éditoriales innovantes.
Cette formation a notamment permis de renforcer la prise en compte de la dimension genre dans le traitement des questions sécuritaires et humanitaires, de mieux valoriser le rôle des femmes et des jeunes dans les processus de paix, mais aussi d’encourager la production de contenus davantage centrés sur les réalités et les besoins des communautés.
À l’issue de l’atelier, plusieurs participants ont salué une expérience enrichissante. « Cette formation nous rappelle que notre responsabilité ne se limite pas à rapporter les faits. Nous devons aussi raconter les histoires en donnant la parole à toutes les composantes de la société, tout en bannissant les stéréotypes. Je repars avec des outils concrets que j’utiliserai désormais dans mon travail quotidien », a confié l’un des journalistes participants.
Les bénéficiaires se sont également félicités de la qualité des échanges avec les experts des Nations Unies et les représentants de la société civile. Ils ont exprimé leur volonté de promouvoir, dans leurs rédactions respectives, un journalisme plus inclusif, éthique et responsable, capable de contribuer au renforcement de la cohésion sociale et aux efforts de paix en République démocratique du Congo.
En clôturant cette session, les organisateurs ont rappelé que dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires persistants, les médias demeurent des acteurs essentiels de la prévention des conflits et de la consolidation d’une paix durable.
Les participants ont émis le vœu de voir ce type de formation se poursuivre afin de renforcer davantage les capacités des professionnels des médias. Ils ont notamment salué l’exercice d’immersion par le récit, qui a illustré le rôle des femmes médiatrices dans la gestion des questions sécuritaires et la consolidation de la paix, une approche qu’ils jugent inspirante pour améliorer le traitement journalistique des enjeux de paix et de sécurité.
Christiane EKAMBO