Nord-Kivu : à Beni, le Dr Anne Munyerekana appelle les femmes au dépistage pour prévenir le cancer du col de l’utérus

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer du col de l’utérus, célébrée chaque 17 novembre, la consultante de l’UNICEF chargée de la communication dans la zone de santé de Beni, Dr Anne Munyerekana, a appelé les femmes de Beni et d’ailleurs à privilégier la consultation dans les structures sanitaires afin de se protéger contre cette maladie évitable.

Dans un entretien accordé au Journal des Nations le mardi 18 novembre 2025, elle a rappelé l’importance du dépistage dans la prévention du cancer du col de l’utérus, soulignant que cette forme de cancer peut être évitée si la femme est diagnostiquée suffisamment tôt.

Selon le Dr Munyerekana, lorsque le diagnostic est posé précocement, 90 % des cas peuvent être guéris. Elle insiste sur le fait que le cancer du col de l’utérus fait partie des cancers évitables grâce à la prévention et à la détection rapide.

Les femmes âgées de 20 à 65 ans parmi les plus exposées

Les femmes âgées de 20 à 65 ans, donc en âge de procréer, constituent la tranche la plus susceptible de développer ce type de cancer. D’où l’importance, selon la consultante, d’un suivi régulier dans les structures sanitaires.

Au cours de l’entretien, le Dr Munyerekana a cité plusieurs facteurs pouvant augmenter le risque de développer le cancer du col de l’utérus :

  • l’infection par le papillomavirus humain (HPV), principale cause de cette maladie ;
  • la multiparité (avoir plusieurs enfants) ;
  • les rapports sexuels précoces, parfois dès l’âge de 10 ou 11 ans ;
  • les partenaires sexuels multiples sans protection ;
  • les antécédents familiaux, notamment lorsqu’une mère ou une tante a déjà été touchée par ce cancer.

Trois signes doivent pousser une femme à consulter sans tarder :

  • des saignements anormaux, en dehors des règles ou après un rapport sexuel ;
  • des pertes vaginales abondantes, malodorantes ou teintées de sang ;
  • des douleurs pelviennes au niveau du bas-ventre, durant la journée ou après un rapport sexuel.

Ces symptômes, avertit-elle, doivent inciter à consulter immédiatement, car un dépistage précoce augmente considérablement les chances de guérison.

Le Dr Munyerekana rappelle qu’une femme âgée de 20 à 65 ans devrait effectuer un dépistage au moins une fois tous les trois ans. Ce contrôle permet de détecter d’éventuelles lésions précancéreuses et de les prendre en charge à temps, avant leur évolution vers le cancer.

Elle met enfin l’accent sur la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation pour informer les femmes des risques encourus et de l’importance du dépistage régulier. Dans la zone de santé de Beni, beaucoup de femmes restent encore exposées par manque d’information ou faute de consultations régulières.

Les structures sanitaires locales appellent ainsi les familles, leaders communautaires et organisations de terrain à relayer ces messages pour réduire les risques et encourager davantage de femmes à se faire dépister. La lutte contre le cancer du col de l’utérus repose sur la prévention, la vigilance et une prise de conscience collective.

Gloire TSONGO/ Beni

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