Les activités ont tourné au ralenti ce mardi 15 septembre 2026 dans le groupement Isale-Bulambo, en chefferie des Bashu, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Plusieurs boutiques sont restées fermées au centre commercial de Bulambo, pourtant jour de marché, à la suite d’un appel des agriculteurs à une journée sans activité.
L’action populaire avait pour objectif : » dénoncer la destruction de leurs cultures dans la vallée de Mughalika par des éco-gardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) ».
Les agriculteurs affirment avoir perdu des champs de haricots, de riz et de maïs, ainsi que du bétail. Ils demandent une solution au différend qui les oppose à l’ICCN autour de l’exploitation des terres dans cette vallée.
L’un d’eux témoigne :
« Ces gardes-parcs sont arrivés chez nous pour détruire nos champs, couper nos cultures de haricots, de riz et de maïs et emporter nos bêtes. C’est à cause de toutes ces souffrances que nous avons décidé de faire une journée sans activité aujourd’hui. Ces derniers temps, nous n’avons plus rien fait ici car nous avons déjà tout perdu. Nous vivons désormais comme des mendiants », a-t-il dénoncé.
Selon Elkan Kamabu, aide-membre du comité des domaines, la mobilisation a été largement suivie. Il affirme que les boutiques sont restées fermées et que les vendeurs de produits champêtres ainsi que les taximènes ne sont pas sortis.
« Les agriculteurs ont largement observé cette journée sans activité, car ce problème touche directement la vie de toute la population. Les boutiques sont restées fermées, les vendeurs apportant les produits champêtres au marché étaient absents et les taximènes ne sont pas sortis », a-t-il expliqué.
Il appelle le gouvernement provincial à faire appliquer sa décision, en attendant une solution au conflit qui oppose les agriculteurs à l’ICCN.
Contacté à ce sujet, le chef du groupement Isale-Bulambo, Mwami Asan Patankuli, affirme ne pas avoir été informé de cette initiative. Il appelle plutôt la population à poursuivre ses activités champêtres.
« Je ne suis pas au courant de cette situation, mais ils devraient passer au bureau pour nous informer concernant la situation qui s’est passée au Graben. La population qui me capte, je dis qu’ils doivent s’occuper de leurs activités champêtres pour la journée d’aujourd’hui, parce que nous, autorités, ne sommes pas saisis », a-t-il déclaré.
Le différend autour de l’exploitation des terres dans la vallée de Mughalika reste ainsi posé, les agriculteurs réclamant une solution tandis que l’autorité locale affirme ne pas avoir été officiellement saisie de cette mobilisation.
Gloire Tsongo, à Beni